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Malek Boutih: ma force vient de mon handicap!

Rubrique : Politique 1

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Sujet : Malek Boutih contracte à 9 mois une poliomyélite qui lui a laisser une légère claudication. Aujourd’hui, homme politique au sein du Parti Socialiste, il nous confie son combat pour être là où on ne l’attendait pas. Interview de Trixie de Geffrier.

Mots-clés : Racisme, Parti Socialiste, handicap, politique, sens de la vie, réussite, vidéo, ministre, problèmes de l’enfance, force, famille, Malek Boutih

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BIOGRAPHIE

Après des études de droit à la faculté de Nanterre et à l'ESJ Paris, il s'engage dans le militantisme et la vie associative. Il participe en 1983 à la Marche pour l'Égalité. Il entre à SOS Racisme en 1984, en devient le vice-président de 1985 à 1992, fonde la Maison des Potes de Grigny, l'association Banlieues du Monde[1] (1995) ainsi que le journal Pote à Pote[2] (1995). Il a été président de SOS Racisme de 1999 à 2003. Il est depuis 2003 secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de société.

SOS Racisme :
Son mandat à la tête de SOS Racisme est marqué par la création du testing et les premières condamnations dans des procès contre les discriminations raciales à l'embauche, au logement et à l'entrée de boîtes de nuit. Sa plus grande victoire étant sûrement la validation de la pratique du testing par la cour de cassation. Dans la lutte contre le racisme et ses racines, il mise sur l'éducation et s'attaque aux ghettos urbains avec deux priorités : brasser les populations et lutter contre la violence. Enfin, il a été un des premiers en 2002 à sonner l'alerte sur la montée de l’antisémitisme en France, sous couleur d’antisionisme.

Il prend position contre le communautarisme et la discrimination positive. Selon lui, « en France, les minorités, ça n'existe pas. » Les enfants d'immigrés ont pris pied dans la société française. Ils sont Français. Affirmer cette nationalité constitue une sorte de mot d'ordre politique destiné à cette génération. Par là, il entend aider des jeunes qui sont français, mais que l'on convainc, par des signes qu'on leur renvoie (ils sont Blacks, ils sont Beurs...), qu'ils ne sont pas français, voire qu'ils ne peuvent prétendre à l'être. Selon lui, il faut que la France reconnaisse enfin que l'intégration a bel et bien eu lieu et qu'elle est métissée. Il fustige les extrémismes religieux.

Dans son mandat à la tête de SOS Racisme, il a mené régulièrement un combat contre la violence dans les banlieues qu'il qualifie d'autodestructrice et nihiliste dans ses Propositions pour un véritable Plan Marshall pour les Banlieues parce qu'elle empêche l'émancipation d'une génération et l'envoie à l'échec. Il refuse de cautionner la violence comme étant la seule issue face à la marginalisation et y préfère les luttes politiques, syndicales et associatives. Seul l'engagement de cette génération permettra selon lui de faire échec à la spirale de la violence et aux discriminations ethniques et géographiques qu'elle subit.

Parti socialiste :
Membre depuis 1986 du Parti socialiste, à la fin de son mandat à la tête de SOS Racisme, il est nommé à la direction nationale après le congrès de Dijon en 2003 en qualité de secrétaire national aux Questions de Société, fonction qui n'existait pas auparavant et sans même avoir exercé de mandats électifs. Ce mandat sera renouvelé au congrès du Mans (2005). Il est en charge de la lutte contre le racisme, l'immigration, la lutte contre le sida et la lutte contre les toxicomanies.

Il écrit un rapport sur l'immigration, Une nouvelle politique de l'immigration (2004), commandé par la direction nationale du PS afin de donner une ligne officielle sur le sujet. Son objectif est de convaincre l’opinion publique que l’immigration est un apport essentiel à la France quand elle est véritablement contrôlée et organisée. Il s'y prononce pour des quotas inscrits dans une logique de co-développement afin de créer une filière légale d'immigration et de réguler les flux migratoires. Ce rapport a été dissimulé par la direction du PS.

Depuis le congrès du Mans, face à la crise sociale et identitaire du pays, il défend l'idéal de « République métissée »[12](2005). Selon lui, c’est la République métissée qui doit être le nouveau drapeau et rassembler l’ensemble de la population française. Une république qui peut faire de ce pays, non pas celui qui est montré du doigt parce qu’il y aurait des violences, mais celui qui, fidèle à la tradition historique, rouvre une nouvelle page de son histoire qui permette de rassembler les peuples, d’ouvrir un espoir dans le monde qui soit une autre voie que celle du choc des civilisations, du cahier des charges des religions, du choc des différences, mais plutôt celle du rassemblement des espérances. Il pense en effet que la République est un concept qui ne peut rester figé et qu'elle doit tendre vers un idéal qui allie la tradition de ce qui a de plus beau dans l’histoire française, l’histoire républicaine, mais qui se tourne aussi vers l’avenir, qui assume la place de la France dans le monde, qui assume les nouvelles générations de Français, qui assume la diversité non pas comme un handicap mais comme une richesse.

Dans son rapport sur les toxicomanies, Cannabis : contrôler l’usage pour protéger les citoyens[13] (2006), Malek Boutih prône la reprise du marché par la puissance publique afin de lutter contre la mafia, le cannabis étant selon lui « la clé de voûte de la ghettoïsation et de l’insécurité dans les quartiers populaires ». Cette idée a été reprise par le projet du Parti socialiste pour 2007 sous la forme de « régulation publique ».

Proche de Julien Dray, il soutient dès 2006 la candidature de Ségolène Royal à l'investiture PS pour l'élection présidentielle française de 2007. Le nouveau président de la République française, Nicolas Sarkozy, le sollicite afin qu'il entre dans son gouvernement, ce qu'il refuse[14] en affirmant qu'il n'est pas question pour lui de « prendre des responsabilités dans ce gouvernement », tout en soulignant « le respect réciproque » qui caractérise sa relation à Nicolas Sarkozy. Selon un confidentiel de l'hebdomadaire Le Point[15] non confirmé par Malek Boutih, il avait en fait accepté mais s'est désisté la veille à minuit sur les conseils de Julien Dray.

Non reconduit au secrétariat national du PS en décembre 2008, il est sommé le 25 janvier 2009 par Pouria Amirshahi de clarifier son attitude après ses critiques contre le plan anti-crise du PS et ses nombreux éloges à Nicolas Sarkozy : « Que Malek Boutih choisisse son camp »[16].

Législatives de juin 2007 dans la 4e circonscription de la Charente :
Malek Boutih a été investi dans la quatrième circonscription de la Charente pour les législatives de 2007 le 1er juillet 2006 lors de la convention nationale du Parti socialiste.

La quasi-totalité des élus socialistes du département ont fait savoir publiquement leur hostilité à cette candidature et leur volonté de la contrer dans la mesure où il s'agissait d'un parachutage[17]. Le 1er secrétaire fédéral avait en effet organisé dans la circonscription un vote consultatif entre Martine Pinville et Jeanne Filloux, avant que Malek Boutih ne soit investi. Désignée par les militants, Martine Pinville a choisi de maintenir sa candidature sans le soutien officiel du PS, dont elle a été exclue lors du bureau national du 22 mai 2007, tout comme son suppléant, le député PS sortant Jean-Claude Beauchaud.

Il est éliminé dès le premier tour des législatives du 10 juin 2007 : il arrive troisième avec 15,65% des suffrages (9,54% des inscrits, alors qu'il faut obtenir 12,5% des inscrits pour pouvoir se maintenir au second tour), derrière le maire UMP d'Angoulême Philippe Mottet (35,58% des suffrages exprimés) et la socialiste dissidente Martine Pinville (21,04%, soit 13% des inscrits). Boutih accuse nommément le premier secrétaire François Hollande de l'avoir « envoyé au casse-pipe ».[18] Au second tour, le Parti socialiste soutient finalement Martine Pinville qui est élue avec 57,03 % des suffrages.

Il estime avoir été battu par son propre parti et critique sévèrement les dirigeants du PS qui "forment un cénacle qui n'aime pas la société telle qu'elle est, qui ne s'y projette pas et qui garde la mélancolie des années 1970. Chez nous, c'est Good Bye Lénine !". Il leur reproche d'avoir survolé le débat sur la diversité et ne pas l'avoir abordé en profondeur, comme d'autres sujets qui ont trait aux préoccupations réelles des Français : la violence, le travail, le droit à l'émancipation sociale, l'identité.

Autres responsabilités :
Malek Boutih est par ailleurs membre du conseil économique et social (section des affaires sociales)[20]. Il exerce également la fonction d'administrateur au sein du collège des personnalités qualifiées du Paris Saint-Germain. Par ailleurs, M. Boutih travaille pour Skyrock où il est directeur des relations institutionnelles[21].

Il a reçu les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite en 2001. En 2003, il a reçu le prix du trombinoscope « révélation politique de l'année » décerné au Sénat[22].

Il ira soutenir en personne l'Initiative de Genève[23], plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.


BIBLIOGRAPHIE

La France aux Français ? Chiche ! , Éditions Mille et une nuits, 2001

http://www.republique-des-lettres.fr/10638-malek-boutih.php
 

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