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Philippe Esnos: l'Indiana Jones français!

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Biographie

Né en 1947 à Paris, Philippe Esnos découvre sa vocation de chercheur de trésors à l’âge de 22 ans. Absent sept mois par an de France, c’est essentiellement en Amérique du Sud qu’il s’adonne à sa passion. Depuis dix ans, il travaille à la découverte du plus gros trésor au monde, la rançon du dernier empereur inca, Atahualpa, quelque part en Equateur. Son ouvrage « Chasseur de trésors » publié aux éditions Alphée-Jean-Paul Bertrand évoque le carnet de route sans concession d’un des derniers aventuriers solitaires des temps modernes. Point final.

"Chasseur de trésor. L'or des Incas"

Mieux qu’un roman d’aventure, le carnet de route sans concession de l’un des derniers aventuriers solitaires des temps modernes. Philippe Esnos est sur la trace du véritable trésor des Incas. Il séjourne régulièrement dans la jungle sud-américaine, à sa recherche.
Avec une véritable qualité d’écriture, une narration haletante et un humour quelque peu noir, il nous raconte sa quête, ses recherches, ses difficultés, ses rencontres, et restitue pour nous la densité des décors tropicaux et des hauts plateaux andins, parmi lesquels il avance envers et contre tout, car le but est proche !


Il allie de longues recherches en bibliothèque et dans les monastères les plus reculés, un travail acharné pour comprendre le langage de l’époque et décoder ce qui reste une énigme de l’histoire, des recherches de témoignages et d’indices, avec de pénibles et dangereuses explorations dans la jungle équatoriale hostile, où les dangers guettent à chaque pas. Les humains rencontrés étant parfois aussi hostiles et dangereux que les lieux.

Extrait

Je crois que je n’oublierai jamais ce jour ou j’ai pris la décision d’abandonner mes études pour aller courir le monde. Je ne soupçonnais pas alors dans quelle spirale cela m’entraînerait. Je voulais de l’aventure, eh bien, j’allais être servi, j’allais en avoir. … Celle qui fait appel à la résistance et à la détermination pendant des années, celle qui percute violemment la tyrannie et l’oppression en tous genres, celle qui heurte les combinards de tous poils, les sans-visages, les sans-races, sans religion, les canailles de toutes couleurs, amalgame de forban et d’hommes d’affaires.


Celle qui fait traverser les champs de mines de la corruption. Celle qui enfin interroge sur le vide de l’existence. Cette vie d’aventure qui me conduira des palaces dont je foulerai les moquettes sans déférence, aux favelas du Tiers Monde où je m’introduirai sur la pointe des yeux. Celle qui me fera découvrir, oh combien de fois s’il en était besoin, que la virilité et le courage ne se situent ni entre les jambes, ni avec un revolver sous l’aisselle mais bel et bien dans le cortex, sinon dans l’amour, le coeur, la compassion pure. Voir Mère Teresa, Soeur Emmanuelle et tous les moins connus qui se battent dans les ceintures de misère pour aider les sans-rien, les sans-espoir. J’en croiserai dans mon existence de ces gros bras type para commando qui sans chef, sans ordre, sans arme et surtout sans impunité ne sont plus rien du tout. En choisissant cette voie à la sortie de l’école, je ne me doutais pas que je me préparais une vie qui allait me coller à la peau et me rendre définitivement inclassable.

Je ne soupçonnais pas les valdingues par-dessus bord, les crashs en avion, les accidents de plongée, les naufrages ou les prisons du Tiers Monde. De la même façon je ne me représentais pas l’étendue et la somptuosité des océans. Des grandes houles d’ouest aux mers tropicales cristallines, des forêts équatoriales aux cordillères géantes, des déserts aux étendues gelées. Ce jour-là ce sera le départ pour une galopade sans fin sur la planète, ma grande cour de récré. Chaque matin je vais réinventer ma vie, pas la tiède, celle de la démesure qui renverse le quotidien, explose l’ennui, chasse l’impossible, réanime la confiance et fait qu’au bout de la survie, il y a parfois une ouverture, de la lumière et même de l’or pour qui saura le découvrir.


C’est ainsi que je suis devenu chercheur d’or et de trésors depuis plus de vingt ans, menant parfois cette vie hasardeuse en équipage, mais le plus souvent seul, partageant mon temps entre les bibliothèques, les cordillères, la jungle et le fond des mers. Cela m’a conduit du Mexique au Pérou dans ces jungles et montagnes où tant de sites restent encore à découvrir, où tant de trésors attendent d’être mis au jour. Du sanctuaire des Indiens cabecars au Costa Rica, aux lagunes sacrées des Indiens cañaris d’Équateur en passant par les trésors enfouis par les pirates à l’île des Cocos ou au cap Corriente en Colombie. De ces chargements précieux des galions du Nouveau Monde, des caraques portugaises de l’océan Indien, de toutes ces histoires qui font rêver enfants et adultes, et qui pourtant ne sont pas des légendes.


De tous ces témoignages complexes et souvent mal écrits, mais tellement captivants, récupérés à force de persévérance dans les salles de lecture austères et poussiéreuses. C’est tout cela ma quête depuis des années, marquée d’échecs mais aussi de succès, d’espérance et de découragement, pourtant sans jamais baisser les bras. Et puis il y Chasseur de trésors a aussi la machine humaine devant laquelle je reste toujours aussi impressionné. C’est incroyable ce que l’on peut faire subir à un corps et à son esprit au cours de ces défis. La faim, la soif, le manque de sommeil, le froid, les fièvres, les coups, les trahisons, les déconvenues sentimentales et dans les moments de répit : le doute.

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