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régime: pourquoi sont-ils dangereux?

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Biographie

Gérard Apfeldorfer est psychiatre et psychothérapeute. Il a collaboré au service d'explorations fonctionnelles nutritionnelles à l’hôpital Bichat (Paris). Il exerce aujourd’hui en pratique libérale et s’est notamment spécialisé dans l’étude des comportements alimentaires et dans le traitement de ses dysfonctionnements : anorexie, boulimie, obésité…

Grand pourfendeur des “régimes miracles”, il dénonce avec force notre société obsédée par la minceur, “une société qui oblige les obèses à se cacher et les minces à devenir toujours plus minces”. Ce ne sont cependant pas ses seuls pôles d’intérêts, comme en témoigne son dernier livre consacré aux difficultés de relation propres à notre temps.
Auteur de nombreux ouvrages, chroniqueur à Psychologies magazine, il préside également le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids, association qu’il a fondée en 1997.

Article

Pourquoi il ne faut pas «médicaliser» l'alimentation ?
01/02/2008 - Par Gérard Apfeldorfer, psychiatre, membre du groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids.
Source internet du Figaro : http://www.lefigaro.fr/debats/2008/01/29/01005-20080129ARTFIG00612-pourquoi-il-ne-faut-pas-medicaliser-l-alimentation-.php

Une mère raconte : «Ma fille de 5 ans fait du prosélytisme auprès de ses copines pour qu'elles fassent elles aussi un régime. À tel point que les autres parents s'en sont émus auprès de la maîtresse. C'est vrai, ma fille est très attentive à son apparence et n'arrête pas de dire qu'être maigre, c'est beau. Pourtant, elle n'est pas au régime ! Mais comme elle est au-dessus des normes pondérales pour son âge, c'est à la demande de notre pédiatre que nous lui avons expliqué qu'il fallait “faire attention”. Nous limitons donc les quantités, car sinon elle mangerait trop. »

Voilà une fillette qui ne s'y trompe pas, qui fait du zèle pour contenter ses parents ! Brave petite !

L'avenir de cette enfant, si parents et médecins poursuivent dans le même sens ? On peut prédire des troubles du comportement alimentaire et des problèmes pondéraux, qui apparaîtront sans doute non pas immédiatement, mais à l'adolescence.

Les pouvoirs publics, le corps médical, le corps enseignant, tout le monde s'y met pour dramatiser le poids et l'alimentation. Une surveillance de tous les instants s'impose pour ne pas devenir obèse. Il conviendrait de « diététiser » son alimentation, c'est-à-dire de choisir ses aliments en fonction de leur composition nutritionnelle. Les mes­­sages sont confus : on aurait certes le droit de manger de tout, mais moins gras, moins sucré, moins salé. S'il faut consommer «moins », c'est donc qu'on mange trop, et que l'idéal serait sans doute de ne pas manger du tout. Comment alors ne pas s'angoisser, culpabiliser ?

On appelle restriction cognitive cette intention de contrôler mentalement son comportement alimentaire dans le but de maîtriser son poids. Les conséquences en sont connues : insatisfaction corporelle, haine de soi, troubles du comportement alimentaire, problèmes pondéraux.

Quel dommage qu'on prenne les choses par ce bout-là ! Médicaliser l'alimentation est inutile et néfaste, car nous sommes mieux faits que cela. L'exploration des mécanismes psychophysiologiques qui gouvernent le poids et le comportement alimentaire démontre que ceux-ci sont précis et performants. Pour faire le juste poids, pour préserver sa santé physique et mentale, il s'agit non pas d'entrer en guerre avec eux, mais de leur laisser le champ libre, ce qui s'obtient par l'écoute de ses sensations et de ses émotions alimentaires. Si la machine s'est déréglée, on travaillera à rendre à nouveau possible cette écoute. Telle est l'essence même de notre approche avec nos patients en souffrance avec leur comportement alimentaire et leurs formes corporelles.

Sur le plan pratique, cela signifie que tout va mieux si on considère l'acte de manger comme une histoire d'amour. Amour des aliments qui nous font vivre, qui sont porteurs d'histoires et de symboles, qui sont si bons lorsqu'ils comblent précisément nos besoins physiques, psychologiques et émotionnels ; amour et respect de nous-même, quand nous mangeons à l'écoute de nos appétits ; enfin, amour de nos semblables avec qui nous partageons.

Voilà qui nécessite qu'on mange en paix, c'est-à-dire avec attention, en prenant son temps, confortablement, dans la joie et la bonne humeur, si possible sur un mode convivial. Bâcler l'acte alimentaire est comme faire l'amour sans y penser, comme dormir debout. Manger est chose sérieuse, vitale, délicieuse, merveilleuse, qui nécessite la pleine conscience de ses sensations et de ses émotions.

Vous allez rire : je n'invente rien. Car cette façon de considérer l'acte alimentaire ne caractérise-t-elle pas les Français ? L'importance donnée au plaisir à manger et à la convivialité des Français s'oppose en effet à la prépondérance de la diététique et à la responsabilisation individuelle des Anglo-Saxons, com­me les sociologues Claude Fischler et Estelle Masson l'ont mis en évidence.

Et devinez qui sont les plus minces ? Les Français, on ne le dit pas assez, ont la corpulence moyenne la plus basse d'Europe et des pays développés, avec un IMC (indice de masse corporelle) moyen de 24,9 pour les hommes et de 23,6 pour les femmes. Et si ceci expliquait cela ? Le facteur de protection contre l'obésité, malheureusement en voie d'effritement, dont jouissent les Français ne serait-il pas, justement, l'amour qu'ils vouent au bien manger et aux repas conviviaux, une relative indifférence à la diététique ? La politique actuellement suivie contribuerait alors à nous faire perdre notre précieux avantage, favorisant tout à la fois obésité et troubles du comportement alimentaire.

Faisons un rêve : imaginons une politique de santé qui mettrait l'ac­cent sur l'amour de manger et l'éducation du goût, l'écoute de ses sensations et émotions alimentaires, la dédiabolisation de tous les aliments, la lutte contre la stigmatisation des personnes obèses. Voilà qui, n'en doutons pas, stopperait la dérive pondérale, et permettrait de présenter au monde un modèle français d'alimentation cohérent et hautement performant !

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De Marilyne D le 27 Mai 2011

Bonjour,

Nous souhaiterions vous faire parvenir une invitation pour une séance de dégustation en pleine conscience, animée par le nutritionniste Jean-Philippe Zermati et le psychothérapeute Gérard Apfeldorfer. La soirée aura lieu le 7 juin ; il s'agit d'une avant-première organisée à l'occasion de l'ouverture d'un site internet.
Vous serait-il possible de nous communiquer une adresse mail à laquelle nous vous pourrions vous envoyer l'invitation ?
Merci d'avance !
Cordialement,
M. DAHERON
Veuillez répondre sur : contact@linecoaching.com

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