
D’abord le professionnalisme, c’est-à-dire il faut connaître un métier, il faut se concentrer sur un métier, il ne faut pas se disperser, premièrement. Deuxièmement, il faut savoir qu’une entreprise c’est une équipe, donc, il faut jouer en équipe. Moi, je suis du sud-ouest, j’ai appris à jouer au rugby, donc on… l’équipe de rugby, c’est très important, c’est un vrai jeu d’équipe, deuxième… ça c’est la deuxième chose. Troisièmement, c’est savoir qu’il y a toujours des opportunités qui se présentent, il faut être à l’affût des opportunités et que c’est justement dans les moments les plus délicats semble-t-il qu’il y a le plus d’opportunités. Par exemple, en ce moment, avec cette crise économique profonde que nous connaissons, c’est certainement un moment d’opportunité.
Je crois qu’il faut aussi ne pas oublier une chose qui est fondamentale, c’est le bon sens, c’est-à-dire ne jamais… ne jamais prendre la grosse tête, être toujours… essayer de réfléchir avec bon sens et quand on fait quelque chose de se dire « Ok, même si intellectuellement c’est très séduisant, est-ce que vraiment ça correspond à la réalité des choses ? ».
Vous savez, on se trompe beaucoup sur le mot intelligence. L’intelligence, ce n’est pas l’agilité intellectuelle et les études que nous faisons en France nous font confondre intelligence et agilité intellectuelle. Nous… quelqu’un qui sort d’une grande école française a manifestement une grande agilité intellectuelle mais ça ne veut pas dire qu’il est intelligent. L’intelligence c’est la compréhension du monde, c’est la compréhension de ce qui vous entoure, cette compréhension vous l’avez soit par… rationnellement, par des raisonnements, soit par… une intuition, par une espèce de capacité de sentir les choses et finalement la… le bon sens c’est ça, c’est la capacité de sentir les choses, c’est la capacité de les analyser et de les analyser avec beaucoup de calme, être capable de prendre aussi du recul vis-à-vis des choses.
Quand j’étais à L’X, c’était vraiment la culture intellectuelle à l’état pur. D’ailleurs je me souviens très bien du directeur des études qui un jour m’avait expliqué que son rêve, c’est qu’on passe deux ans dans un… dans un couvent en quelque sorte, qu’on soit coupé du réel. Alors aujourd’hui ce n’est pas vrai, on essaie… toutes ces écoles essaient de les impliquer… de les… d’investir les élèves dans le réel. D’ailleurs il y a très souvent des stages qui se font dans des entreprises, il y a des stages qui se font à l’étranger. Donc, on essaie de leur ouvrir l’intelligence, si vous voulez, de leur faire comprendre qu’il y a autre chose que les études purement intellectuelles.
Donc, je trouve qu’il y a beaucoup de progrès qui ont été faits justement grâce à l’internationalisation. Le monde devenant international, global dit-on, bien que ce soit un mot qui n’est pas très français, c’est un mot anglais, donc le… on prend conscience qu’il faut… enfin, les éducateurs prennent conscience qu’il faut former les élèves à ce monde… à ce monde et non pas simplement aux spécificités de leur pays.
Si on vous fait… si vous allez à l’étranger, vous êtes obligé d’écouter. Vous ne pouvez pas arriver… si vous arrivez avec vos certitudes, vous vous plantez. Je me souviens très bien qu’au début de ma carrière, je devais passer deux ans au Canada. Au Canada, on peut penser que c’est de langue française donc que c’est facile, si vous voulez, l’intégration est facile. Pas du tout ! Vous apercevez que vous avez des gens qui parlent la même langue que vous mais qui ont des réactions… des réactions tout à fait différentes. Bon, donc, vous êtes obligés de vous mettre à l’écoute parce que… ne serait-ce que pour comprendre, sinon vous ne comprenez pas, vous ne pouvez pas communiquer. Vous vous rendez compte… dans votre pays vous pouvez avoir le sentiment que si vous parlez, les autres vous écoutent et il y a un échange facile, tandis que je me suis rendu compte au Canada que si je parlais à des Canadiens, ils ne me comprenaient pas. Donc, il fallait que j’écoute pour être capable de leur parler. Vous voyez, je pense que les contacts internationaux de ce côté-là… le contact avec… surtout si ce sont des gens qui viennent de civilisations très différentes, vous obligent à vous mettre à l’écoute ou alors sinon vous passez complètement à côté de la réalité et vous êtes… et vous êtes idiot, à ce point-là, vous êtes non intelligent.
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