
Je voudrais évoquer maintenant quelques uns des pièges, des avatars, des malentendus, des conflits parmi les plus fréquents qui peuvent surgir dans une relation de couple.
Un des pièges qui est violent, qui est subtile dans ces manifestations mais qui va se révéler violent dans le temps, c’est quand l’un des deux va se mettre à parler sur l’autre, ça veut dire à tenter de le définir à travers des choses qui peuvent apparaître sympathiques au début « tu devrais te couper les cheveux, tu devrais porter des jupes plutôt que des pantalons, tu devrais t’intéresser au cinéma, au tennis, tu devrais aimer le ski, tu devrais aimer ma mère, bien sûr et…». Vous voyez, quand on tente de dicter à l’autre comment il devrait être ou quels devraient être ses désirs et le piège le plus violent, c’est en particulier quand on tente d’imposer à l’autre.
Par exemple, son désir, le désir sexuel. Que j’ai le désir de faire l’amour avec l’autre, ça c’est un désir merveilleux, là où ça devient violent c’est quand j’ai le désir du désir de l’autre, quand je voudrais que tu aies envie de faire l’amour avec moi et de préférence quand moi j’en ai envie. Vous voyez comme si… il devrait y avoir une sorte de réciprocité. Je rentre du travail, je rentre du voyage et déjà mes mains s’avancent vers sa poitrine, vers ses fesses…etc. et je voudrais tout de suite une relation sexuelle alors que je ne l’ai pas encore rencontré et ça c’est un des malentendus les plus fréquents dans les relations de femme, c’est que chez l’un, souvent chez l’homme, le désir a tendance à s’imposer alors que peut-être chez l’autre, la femme, elle a besoin d’abord d’être vue, d’être reconnue, d’être re-apprivoisée, si je ne l’ai pas vu pendant trois jours, eh bien, c’est vrai qu’elle attend avant de partager une relation intime, elle attend peut-être que je la vois, que je la regarde, que je lui parle, que je m’intéresse à sa personne avant de m’intéresser à sa poitrine ou à son sexe. Donc, il y a comme cela cette sorte de terrorisme du désir quand le désir de l’un veut s’imposer sur l’autre
Un autre des pièges également c’est quand nous pratiquons ce que j’appelle « la relation klaxonne ». Quand nous parlons sur l’autre au lieu de parler à l’autre, quand…au fond quand nous définissons l’autre et dans une relation de couple mais dans la plupart des relations on devrait utiliser la relation jeu. Un message personnalisé au lieu de lui dire « Tu devrais maigrir, tu devrais t’habiller autrement, tu devrais mettre moins de sel dans la soupe… » etc. Apprendre à parler de moi, « c’est vrai que je te préfère avec trois kilos en moins, c’est vrai que je te préfère plutôt en jupe qu’en pantalon, c’est vrai que je préfère cette soupe quand elle est moins salée ou quand elle a moins de poivre », vous voyez. Ça paraît banal ce que je suis en train de dire mais ce qui va blesser une relation de couple contrairement à ce que beaucoup de gens croient. Ce n’est pas le fait que l’autre, par exemple, a une relation tiers, une relation d’intimité avec un autre, une autre femme, un autre homme mais c’est l’accumulation de ces parasitages au niveau de la relation. Quand on fait…quand on fait la guerre sur des petits détails, ma blonde pendant 10 ans a tenté de m’apprendre à fermer le tube de dentifrice, elle ne supportait pas que je laisse le tube de dentifrice… le tube de dentifrice ouvert, alors elle me disait « Jacques écoute, quand même ce n’est pas difficile ». Elle me montrait comment fermer le tube et puisqu’elle me montrait comment le fermer, ben je n’apprenais pas. 10 ans après, elle a découvert qu’elle pouvait s’acheter un tube de dentifrice pour elle et me laissait découvrir qu’est-ce que c’était que se laver les dents avec du dentifrice sec et d’un seul coup j’ai appris à fermer le tube de dentifrice. Je sais que ça peut paraître puéril à ceux qui m’écoutent mais tous ces petits faits pris ponctuellement bien sûr sont risibles, sont puérils, sont bénins, mais répétés des dizaines de fois par jour. C’est ça qui met la relation en péril parce que ça maltraite la relation, ça la violente, ça accumule du ressentiment.
Un dernier point pour ne pas maltraiter la relation, c’est simplement découvrir que derrière toute accusation, derrière tout reproche, il y a une demande, quand je dis à l’autre « tu ne m’as pas téléphoné » donc je mets en cause que c’est une relation un petit peu agressive puisque je l’accuse de ne pas m’avoir téléphoné. Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’il y a….il y avait le désir que …j’aurais eu le désir qu’elle m’appelle au téléphone, donc plutôt de lui dire « tu ne m’as pas téléphoné » ou « tu aurais dû me téléphoner » il voudrait mieux peut-être que j’énonce ma demande, c’est vrai que j’avais la demande de recevoir un appel téléphonique de soi. Voyez-vous, apprendre à parler de soi à l’autre plutôt qu’à parler sur l’autre, ça c’est ce qui contribue au nourrissement de la relation.
