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couple: ses 3 conditions de succès!

 Je voudrais évoquer maintenant quels sont les ancrages, les quelques balises qui sont nécessaires pour permettre à un couple de rester vivant dans la durée. Ça veut dire aussi pour permettre à chacun des protagonistes du couple, l’homme ou la femme, là je parle du couple hétérosexuel mais c’est valable aussi pour les couples qu’on peut appeler homosexuels, ça ne change rien en terme de sentiment et de relation. Donc, je m’appuie sur le couple hétérosexuel mais quand je dis couple, c’est un éventail très large.

Donc, quels sont les ancrages, les conditions pour permettre à un couple de s’inscrire dans la durée ? Eh bien, d’abord la… la présence de sentiment en réciprocité, un amour chez l’un, un amour chez l’autre, un amour qui s’accorde, qui vibre, qui résonne et qui s’amplifie. Mais ça suppose aussi autre chose, ça suppose la présence d’un désir car ce qui caractérise la relation de couple, c’est quand même la possibilité d’une rencontre sexuelle. Et au-delà de rencontre, une relation sexuelle. C’est d’ailleurs ce qui est la spécificité de la relation de couple par rapport à toutes les autres relations, la possibilité d’une rencontre sexuelle, du désir chez l’un, du désir chez l’autre, le désir de l’un qui va être accueilli, amplifié par l’autre, le désir de l’autre qui va être accueilli, amplifié par le premier et qui va déboucher s’il y a ce que j’appelle « la fête des corps », s’il y a cet accord des corps vers du plaisir. Ce qui n’est pas toujours le cas car nous sommes des êtres complexes, nous n’avons pas les mêmes rythmes, nous n’avons pas les mêmes… les mêmes fantasmes, nous n’avons pas les mêmes… les mêmes sensibilités érogènes et il va y avoir tout un temps d’apprivoisement, tout un temps de découverte. Il peut y avoir une passion folle, un accord comme ça au niveau des corps, spontané, très rapide mais parfois ça peut demander plus de temps, ça peut demander des découvertes, des tâtonnements, des ajustements et parfois ça ne débouche pas, c’est toujours sur du plaisir et ça, ça va poser une interrogation. Ça va… ça va créer une sorte de manque, une sorte de frustration de même que, on n’a pas toujours le désir en même temps. C’est banal de dire que l’homme peut être du soir, l’autre du matin et que l’homme a… l’un ou l’autre a une appétence sexuelle à fleur de peau et l’autre pas toujours.

Donc, il va y avoir, voyez-vous, des… des décalages comme ça dont la présence du… d’un désir, la présence aussi de… d’une capacité relationnelle, ça veut dire la capacité à se décentrer et à proposer une relation et j’utilise le même terme que pour les sentiments, une relation à réciprocité. Et donc se rappeler que nous sommes toujours trois dans une relation, l’autre, moi et la relation qu’il y a entre nous. La relation que je symbolise souvent par une écharpe, le fait que si l’autre est à l’autre bout de cette écharpe et que moi je suis à ce bout-là, nous voyons bien que nous sommes trois et ça, ça va supposer, voyez-vous, que nous soyons capable dans un couple, l’un et l’autre de traverser trois phases.

La phase de la fusion, la phase que j’appelle du « nous » : « 1+1=1 ». Ça c’est très classique, ça peut durer quelques mois, quelques années chez certains couples. Cette phase fusionnelle où on dit « On aime les enfants, on aime le ski, on aime la montagne, on aime la mer, on aime les vacances à la campagne » où la phase du « nous » indifférenciée, voyez-vous, dans lequel, l’un et l’autre… « Nous aimons Mozart. Oui, mais lequel ? » Ou « nous voulons faire un enfant. Oui, mais lequel ?  Le tien, ma chérie, ou le mien ? Toi, je sais que tu voudrais un garçon mais moi, je voudrais une fille ». Donc, voyez-vous, déjà dans… dans cette phase de fusion « 1+1=1 » il va y avoir… il va y avoir une difficulté parce que pour qu’il y ait relation, il faut un espace. Si nous sommes trop collés l’un à l’autre, il n’y a paradoxalement, il n’y a pas de relation possible.

Ensuite, passer au stade 2 : « 1+1=2 ». On découvre que c’est pas la même montagne qu’on aime, c’est pas le même Mozart, c’est pas le même enfant qu’on veut et je l’espère pour chacun arriver au stade 3 : « 1+1=3 », toi, moi et la relation qu’il y a entre nous. Et dans une précédente, dans une prochaine, pardon, dans une prochaine émission, je tenterais de montrer justement comment faire pour nourrir cette relation de façon à ce qu’elle s’inscrive dans la durée.

Pour moi, le… l’important dans un couple, c’est de sortir de la fusion « 1+1=1 », de dépasser le stade de la différentiation « 1+1=2 » pour arriver à ce stade « 1+1=3 ». L’autre c’est ma main gauche, moi c’est ma main droite et la relation qu’il y a entre nous. La relation au fond c’est un canal, un pont, une passerelle sur laquelle va passer, eh bien, ce que j’appelle le nourrissement de la relation.


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