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éducation: la méthode révolutionnaire de Gabriel Cohn-Bendit

 Bon, moi j’ai toujours été un enseignant contestateur et chié du système éducatif français. J’ai créé une école pour ceux que notre système éducatif éliminait et ceux qui partaient parce qu’ils n’en pouvaient plus, un lycée expérimental en 80-82. (Arrivé de) la gauche et au bout de 5 ans je suis parti et j’ai atterri en Afrique et je suis tombé amoureux de l’Afrique et maintenant je fais un peu la même chose mais en Afrique.
Donc, les gamins dont on ne veut pas à l’école, gamins de rues dans les grandes villes et qui ne veulent pas aller à l’école et puis en brousse d’autres gamins qui ne vont pas à l’école pour 25,000 raisons et là, essayez d’imaginer des choses où ils auraient envie d’aller à l’école. Entre autres, que cette école parle la langue qu’ils parlent, eux, et qu’on ne les oblige pas d’aller dans une école où on parle le français alors que personne dans le village ne parle le français. Bon, voilà, on joue sur ces choses-là et voilà ça, ça me passionne et dans ces endroits-là, il y a un nouvel outil pédagogique absolument fantastique : il s’appelle le « tableau blanc interactif » qui est un tableau relié à un ordinateur et un vidéo projecteur sur lequel on peut projeter des choses mais sur lequel on peut aussi écrire et manipuler l’ordinateur du tableau lui-même et je trouve ça fantastique et il m’est insupportable de penser que « Ça, bon, l’Afrique verra. Non, elle s’en est passée jusqu’à maintenant. Bon, ils peuvent bien s’en passer encore un siècle ou deux ». Comme pour le téléphone portable, je suis pour que ça arrive le plus vite possible en Afrique. C’est un… moyen de désenclavement et de choses extraordinaires, voilà. Donc, les plus démunis auront l’outil qu’on réserve ici… aux écoles les plus riches.
De leur refus de négocier avec les paysans, une école en Afrique comme ici c’est du matin au soir, or, les paysans ont souvent besoin de leurs gosses aux champs et au lieu de dire : « Bon, vous en avez besoin le matin, donc on fait l’école l’après-midi. Ça suffit bien ». Oubliant qu’en France, on a fait ce deal avec les paysans que s’il y a des vacances juillet, août et septembre, ce n’est pas parce qu’il fait beau et qu’on peut aller se graler sur la Costa Brava, c’est parce que les paysans n’auraient jamais accepté d’envoyer leurs gosses à l’école au moment où il y avait ici des travaux de champs. Et comme 60 % de la population était paysanne, on a dealé avec les instits, on les a mis en chômage technique pendant trois mois pendant que les paysans faisaient leurs travaux. Aujourd’hui, il n’y a plus de paysans en France, 5 %, les gamins sont dans les quartiers mais les enseignants partent toujours en vacances sur la Costa Brava. Bon voilà !
 

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