
Je vais vous… décrire brièvement ce que c’est pour moi l’empathie ou pour la communication non-violente. L’empathie c’est la capacité de me mettre au diapason du vécu de la personne en face de moi… et si, c’est… je me mets au diapason de mon vécu alors j’appellerai ça l’auto-empathie, qui est un des quatre points clés fondamentaux de la communication non-violente. C’est se tourner vers soi ou vers l’autre. Vers soi c’est l’auto-empathie ; je me demande comment je me sens et pourquoi est-ce que… il y a des choses qui ne sont pas satisfaites dans ma vie et… ça me permet de me relier à moi et ensuite de trouver des solutions. Quant à l’empathie, eh bien je me mets au diapason comme je le disais il y a un instant du vécu de l’autre et je tente d’avoir l’attitude et les mots justes qui font comprendre à cette personne que son vécu… m’interpelle et m’intéresse et… donc parfois ce sera simplement une attitude de vie avec une… un accueil non verbal.
Je pourrais faire «hein, hein» et simplement être là et parfois les personnes que j’écoute ou avec qui j’interagis auront besoin d’avoir des mots, d’entendre des mots et… alors je pourrais mettre quelques phrases du genre, si… mon enfant me dis «Maman, je rate tout à l’école, je n’arrive à rien, ça…Voilà je vais pas réussir mon année», peut-être je pourrais lui dire «hein, hein» et je pourrais aussi dire «Tu es vraiment découragé ? » «Est-ce que tu te sens découragé ? » «Est-ce que tu te sens inquiet… ? » «Est-ce que tu as besoin de croire en toi ? » «Est-ce que tu as besoin de croire que ça va bien se passer pour toi ton… ton année à l’école, parce que tu as vraiment envie de… voilà de, de réussite pour toi et pour ta vie».
Donc, l’empathie quand je mets des mots en communication non-violente, c’est me pencher sur le vécu de l’autre en terme de : à quoi aspire t-il et qu’est-ce qu’il sent, voilà. Sans intention, et ça, c’est très, très important. Sans intention de vouloir amener l’autre quelque part et… pas non plus en me rappelant du passé. Si je me dis «Oui, mais mon enfant il me dit des tas de choses et finalement il n’étudie pas», je ne suis plus dans l’empathie parce que quelque part je suis dans mon mentale et je me souviens du passé, donc. Pour Marshall Rosenberg qui est le père de la communication non-violente, eh bien quand on donne de l’empathie, on se préoccupe seulement d’une chose, c’est du moment présent, dans ce moment-ci qu’est-ce que l’autre vit ? Comment il se sent ? Et à quoi il aspire ? … S’il pouvait rêver, quelle serait… s’il pouvait donner un coup de baguette magique, qu’est-ce qu’il espérait… voir comme transformation ou quel est le besoin qui a besoin d’être entendu et accueilli chez lui ?
Donc l’empathie selon l’acception de la communication non-violente, c’est l’accueil des sentiments et des besoins sans vouloir amener l’autre quelque part. Donc si je veux amener l’autre quelque part je ne suis plus dans ce processus d’empathie. Je suis… j’ai passé dans une technique de ‘vente’ et donc je manipule les mots pour obtenir quelque chose de quelqu’un. Et l’empathie au sens de la communication non-violente, elle n’a qu’un but : c’est de créer une qualité de connexion, une qualité de lien avec la personne avec laquelle je suis et en aucun cas elle n’a comme but de faire faire des choses aux gens, parce que… Voilà ce n’est pas sa philosophie mais par contre ce qu’on a remarqué c’est que dans une qualité de lien humain où je me préoccupe de l’humanité de l’autre sans oublier la mienne, ce qu’on a remarqué c’est qu’il y a beaucoup de choses qui se font par elle-même. Il y un climat de confiance qui s’installe et une fois que le climat de confiance s’est installé, eh bien cela augmente la bonne volonté des gens pour faire ce qui est à être fait. Ça remet leurs énergies vitales en routes et… voilà ça crée une interdépendance qui… favorise énormément la productivité, le… l’accomplissement de ce qui doit être fait, tout simplement.
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