
La communication non-violente c’est une façon de penser et de parler qui me permet d’aborder tout un chacun, en restant en lien avec mon humanité, avec mon humanité par rapport à moi et par rapport à autrui. Donc, dès qu’on est dans cette attitude de communication non-violente, qui est servie par une certaine façon de parler, eh bien, on ne se préoccupe plus uniquement de ce qui doit être produit, mais on se préoccupe aussi de ce que chacun vit. Et il est clair que dans le monde dans lequel on vit, ce n’est pas vraiment le cas. On est beaucoup dans un monde où on nous demande, par exemple, au travail de laisser notre être au vestiaire et d’être seulement dans le fer. La communication non-violente, elle nous rapproche de notre être et donc par excellence, elle préserve l’humain. Alors les principes fondateurs de la communication non-violente, j’ai envie de citer ici ceux qui me parlent, c’est d’une part que tout être humain quoi qu’il fasse qu’il en soit conscient ou non, tout être humain tente de satisfaire des besoins. Besoin non pas dans le sens de manque ou d’avidité mais besoin dans le sens de « qu’est-ce qui me motive ? Qu’est-ce qui fait que j’ai envie de me lever le matin et de dérouler ma journée ? ». Eh bien, tout ça qu’on en soit conscient ou non, c’est pour assouvir des besoins, pour satisfaire des besoins. Une autre chose que j’aime bien dans la communication non-violente, c’est qu’on y a la conviction profonde que chaque être humain, s’il n’y est pas forcé, a énormément de plaisir de contribuer au bien-être d’autrui. Et donc, il n’est jamais aussi heureux que quand il peut s’occuper d’autrui et lui faire plaisir ou voilà l’aider à vivre une vie de qualité. Pour autant je le répète qu’on n’y soit pas forcé.
En communication non-violente, un autre principe de base c’est qu’on est conscient qu’un sentiment ou une émotion, ça ne tombe pas du ciel comme ça par hasard. Je ne suis pas triste par hasard et je ne suis pas heureux par hasard. Si je suis triste, eh bien, cela signifie, c’est comme un indicateur, mon sentiment, mon émotion, un indicateur que quelque chose a besoin d’attention et ce quelque chose c’est quelque chose qui se vit en moi et qu’en communication non-violente on appelle « le besoin ». Besoin dans le sens de ce qui me mobilise, ce qui me fait aller de l’avant, ce qui me rend vivant ou vivante.
Donc, si j’ai un sentiment à connotation négative, eh bien, ça veut dire que j’ai des besoins non satisfaits. Par exemple, si mon enfant revient avec 2 sur 10 en mathématiques alors qu’on a étudié pendant toute la semaine, eh bien, peut-être que je me sentirais frustrée ou inquiète. Pourquoi ? Parce que mon besoin de réussite pour mes proches et de résultat des efforts n’est pas rencontré et a contrario si par exemple, eh bien, on me dit que l’émission que j’ai faite est un succès, peut-être que je me sentirais heureuse et ravie, parce que mon besoin de contribuer à une qualité de vie, mon besoin de faire sens avec ce que j’offre est rencontré. Voilà donc en communication non-violente on a un principe c’est qu’on accueille ce qui est vivant dans les êtres humains, de façon ensuite à… en tirant le fil de ce qui est vivant c’est-à-dire du sentiment d’arriver au besoin et une fois qu’on connaît les besoins des êtres humains, eh bien, c’est absolument magique et transformateur, parce que dès qu’on connaît les besoins, on peut ensuite se demander quelle action puis-je entreprendre pour aller à la rencontre tantôt de mes besoins, tantôt de ce d’autrui. Et c’est ça qui crée la magie de cette façon de communiquer, c’est qu’on sort du rôle de… d’une forme d’impuissance, du rôle de victime, pour devenir acteur de sa propre vie tout en aidant l’autre à accomplir la sienne.
En fait, la communication non-violente ne fait jamais que réhabiliter la totalité de l’être humain. Donc très vite les gens comprennent ça, évidemment ils sont un peu découragés de voir à quel point ils se sont souvent coupés de leur émotionnel pour fonctionner, mais je crois que les gens deviennent de plus en plus conscients que quand on se coupe trop souvent de son émotionnel pour fonctionner, les conséquences, le tribut à payer est extrêmement lourd et souvent en terme de maladie, de burn-out, ou d’explosion ou d’implosion parce que si je me coupe beaucoup de mon émotionnel il y a un moment où je n’en peux plus, alors je peux me transformer en une véritable casserole à pression ou bien alors je peux imploser avec tous les risques que ça a pour mon fonctionnement physiologique et mon fonctionnement émotionnel aussi. Moi je vois beaucoup de gens très, très malheureux parce qu’ils n’osent plus ouvrir la bouche, ils tentent de fonctionner, enfin comme dirait Marshall Rosenberg : « Ils fonctionnent comme ce qu’on appelle des gentilles personnes mortes ». Voilà, alors est-ce que je veux survivre ? Est-ce que je veux vivre ma vie ? Là est toute la question.
Il y a beaucoup de gens qui, au départ, sont quelque part assez sceptique parce qu’ils disent : « On n’a pas le temps, on n’aura jamais le temps de faire tout ça ». Et puis je leur donne des petits moyens, on peut au moins prendre le temps de commencer à trois fois par jour matin, midi et soir, suivre une prescription magistrale du médecin qui serait, eh bien, matin, midi et soir, trois fois par jour juste là maintenant quand au moment où je mets la clé de contact dans ma voiture ou bien où je prends le métro pour aller me rendre à mes cours à l’université ou au travail ou aller conduire mon enfant à la crèche ou quoi que ce soit, eh bien, comment je me sens juste là maintenant ? Qu’est-ce qui se passe en moi ? Et à force de le faire il y a une clarté qui va venir petit à petit mais il y a autre chose de très important en dehors de la clarté, il y a le fait que si je suis au courant de ce qui est vivant en moi, je vais me retrouver comme un arbre solide et enraciné dans le sol. Et souvent, si je ne prends pas soin de ce qui est vivant en moi, eh bien, je serais hors de moi ou à côté de mes pompes et vous conviendrez que ce n’est pas trop, trop facile pour gérer sa vie et être professionnellement efficace de la meilleur manière.
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