
Au cours de la dernière décennie, au laboratoire, on a fait une série d’études d’imageries au sujet de ce qu’on appelle la capacité de régulation des émotions. Et donc, ça c’est par exemple… des situations où on va induire de façon temporaire une émotion chez des individus. Par exemple, à l’aide d’images chargées émotionnellement ou d’extraits de films, des extraits de film… par exemple tristes, des extraits de films érotiques etc.
Donc, ce sont des choses qu’on a fait au niveau du laboratoire et ce qui nous intéresse à ce moment-là, c’est de voir dans quelle mesure les individus peuvent arriver à contrôler, à réguler ou moduler la réponse émotionnelle qu’ils vont vivre tant sur le plan subjectif qu’on appelle le fèeling en anglais, mais aussi au niveau physiologique, donc la réaction viscérale associée à l’émotion.
Alors, on s’est rendu compte que même chez des individus normaux qui n’ont aucun expertise sur le plan de… de différentes formes de méditation par exemple, au niveau bouddhiste, zen. Il est très possible et rapidement, on peut leur montrer d’apprendre certaines stratégies comme l’observateur détaché par exemple, qui se rapproche beaucoup de ce qu’on appelle en méditation bouddhiste le « mindfulness », c’est-à-dire, en français, la pleine conscience. Ben, les individus donc neurologiquement sains peuvent apprendre très rapidement ce type de stratégie-là. Donc, pour que ça, ça fonctionne, il faut d’abord qu’il y ait une intention volontaire donc, de modifier sa réponse à des stimulis chargés émotionnellement. Mais il faut aussi que l’individu apprenne des stratégies de régulation des émotions sur le plan cognitif.
Donc, la stratégie de l’observateur détaché c’en est un exemple au niveau cognitif et ça consiste à … pour l’individu à apprendre à garder une certaine distance par rapport à la réaction des individus, relativement à des images ou à des extraits de films chargés émotionnellement qui sont présentés et ça consiste aussi à conserver une distance par rapport aux réactions physiologiques qui sont associées… ou stimulis en question chargés émotionnellement.
Et donc, dans les études qu’on a réalisées, on s’est rendu compte que les individus pouvaient apprendre très rapidement par exemple, une demi-heure seulement avant une expérience… en résonance magnétique fonctionnelle, à utiliser ce type de stratégie-là et nos études ont montré que les individus… arrivaient très, très rapidement à changer, à diminuer la réponse des structures du cerveau qui sont émotionnelles donc cerveau émotionnel où on parle de système limbique de façon très, très marquée… et de façon aussi remarquable que des individus par exemple, qui auraient pratiqué différentes formes de méditation, bouddhiste, zen par exemple, depuis des années.
Alors ça, ça veut dire que les êtres humains lorsqu’ils sont neurologiquement sains, ben, ils peuvent apprendre très rapidement donc ces stratégies-là et modifier, changer leurs réactions sur le plan émotionnel à toutes formes d’événements qui peuvent survenir dans la vie quotidienne.
Puis, il y a différentes façons de faire ça. On peut faire ça à travers des… des exercices de méditation mais, on peut faire ça aussi en utilisant des systèmes comme le neurofeedback, par exemple, qui est une technique qui permet à l’individu d’apprendre rapidement à contrôler son activité cérébrale par système de rétroaction. Donc, c’est sous forme de jeu vidéo, par exemple, si vous êtes dans la bonne bande de fréquence qui est optimale au niveau de la santé mentale… vous allez réussir par exemple à faire avancer… un avion dans un jeu vidéo ou des choses comme ça.
Et donc, ça c’est une … c’est une autre avenue qui démontre vraiment la capacité importante que les êtres humains ont d’arriver à faire ça, parce que même les enfants réussissent très bien. Donc, il n’y a pas une panacée universelle mais vous voyez, il y a différentes approches qui peuvent contribuer à mieux être au niveau émotionnel.
