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parent: il fait l'école à ses enfants!

Alors bonjour, je m’appelle Patrice Nobile, j’ai 42 ans et j’ai décidé depuis très longtemps depuis l’âge de 15 ans à peu près de garder les enfants à la maison et de ne pas les mettre dans le… un système scolaire pour tenter l’aventure. Je ne savais pas vraiment pourquoi j’avais décidé ça. C’était une intuition et je garde encore aujourd’hui, voilà, depuis maintenant je fais l’école à mes enfants depuis 6 ans. L’aîné, Armand a 12 ans, Hélène a 10 ans et André a 7 ans. Donc, ça se… chaque année confirme l’engagement et fait augmenter l’enthousiasme de cette aventure.
La raison pour laquelle j’ai décidé de ne pas mettre mes enfants à l’école, elle date de mes 13 ans. Alors, pour la petite histoire je suis arrivé à Paris à 13 ans. Moi, je suis né… je suis un petit montagnard, je suis né dans une très belle vallée et j’ai débarqué donc à 13 ans… j’ai débarqué à 13 ans dans la grande ville de Paris. C’était un grand choc, c’était une sorte de petit traumatisme aussi mais avec la… les deux côtés de la médaille, c'est-à-dire que le petit montagnard que j’étais, courait dans les bois toute la journée,  il avait… enfin j’avais donc un grand rapport à la nature que j’ai complètement perdu une fois arrivé à Paris. Donc, je me suis retrouvé à Paris dans des salles de classe comme tous les petits enfants à Paris et de France et du coup il me manquait ce rapport. Il me manquait ce rapport à la nature, ce sentiment de liberté. Donc, très vite vers l’âge de 15 ans je me suis dit que j’allais le faire parce que mes parents me demandaient de le faire et que j’étais le grand frère, j’avais toute une lignée de frères et sœurs derrière moi, il fallait que je donne l’exemple.
Mais que mes enfants ne le feraient pas, voilà. Mes enfants, ils resteraient à la maison puisqu’on… j’essaierais de leur donner par les voyages, par les marches en forêt, par l’étude des oiseaux, l’étude de la botanique, l’étude… enfin d’avoir un rapport à la nature, qu’ils soient libres et en même temps un peu orientés parce que… parce qu’à chaque fois on sort accompagné. En France, c’est ce qui est formidable, c’est le monde associatif et dans ce monde associatif tout le monde est très content de voir arriver des enfants et du coup il y a un grand intérêt de la part des personnes plus âgées à partager ce qu’ils savent.
On a le droit de choisir le mode éducatif pour nos enfants. C’est une grande chance, c’est une grande chance. Par exemple, dans d’autres pays d’Europe on n’a pas le droit, il faut vraiment envoyer ses enfants à l’école. Donc, il faut profiter de cette chance. À mon avis, c’est ce que j’ai fait. C’est ce que j’ai fait avec mon épouse, on a profité de cette grande chance et on a donc écrit, il suffit d’écrire à l’Inspection de l’académie les prévenant que notre garçon Armand ne serait pas présent sur les bancs de l’école et tout va bien. Tout va bien comme ça. Ce qui se passe sur un plan plus technique, c’est que on est, malgré tout, obligé de faire passer un contrôle chaque année à l’enfant par les inspecteurs d’académie. Il y a un deuxième contrôle également qui est celui d’une assistante sociale. Donc, une assistante sociale vient à la maison et regarde, observe le mode de fonctionnement. L’inspecteur d’académie, en revanche, lui, il nous attend dans son bureau et il fait passer à l’enfant une… un test qui est complètement calqué sur le système de l’éducation nationale classique.
Par rapport à ce mode classique, les premières années, on a tendance à chercher des repères… les repères qu’on connaît. Donc, on va acheter des livres, on va s’intéresser à différentes pédagogies. Alors là, il y a… vraiment il y en a pléthore, il y a Montessori d’un côté, il y a Freinet de l’autre, il y a Steiner… enfin il y a… c’est très intéressant. On fait une démarche déjà très intéressante en tant que parents. On s’intéresse à ça, on ouvre son propre esprit par rapport à l’instruction des enfants et petit à petit… ça, ça doit peut-être correspondre à ma nature mais petit à petit je fais plutôt confiance à l’artiste que je suis, à ma façon de sentir la vie et de sentir l’existence et d’y répondre par ma sensibilité d’artiste, ce que fait également Laurence, mon épouse.
Alors on va automatiquement et alors en tant qu’artiste automatiquement je…  j’essaye de faire prendre des habitudes à mes enfants quant au crayon, quant à l’aquarelle, quant au fait d’illustrer une image, quant au fait même de fabriquer un objet, ça a autant d’importance que de savoir écrire un texte. Alors c’est vrai que je privilégie ça parce que je suis artiste peintre, je ne suis pas écrivain. Si j’étais écrivain peut-être que j’apprendrais à mes enfants à écrire des contes, à écrire des poèmes, de passer par la réflexion, passer par l’écriture ou passer par la… les arts plastiques pour réfléchir.
Concrètement, ça se… ça aussi ça a évolué… comment se passe une journée classique chez nous. Alors, au début pour revenir à Armand, on essayait de se lever à la même heure que tous les petits enfants. On essayait de travailler 3 heures le matin, on essayait de prendre le déjeuner en même temps que tous les petits enfants qui sont… vont à l’école et puis petit à petit tout ça se noie, tout ça devient beaucoup plus flou et on fait en fonction des envies et du plaisir que prennent les enfants. Alors, une matinée classique pendant les derniers 6 mois ça aurait… c’était, par exemple, on se lève le matin très bien, on déjeune comme tout le monde et puis… les enfants font la vaisselle aussi, enfin voilà ils participent à la vie de la maison et… on lit un conte ou on lit une histoire mythologique ou on fait… voilà. On commence la journée avec une histoire. C’est très important de lire des histoires aux enfants d’une part parce qu’ils sont… pour la plupart du temps elles sont bien écrites et elles permettent à l’enfant de s’identifier à des mythes, à des héros, à des personnages qui réussissent des choses formidables dans l’existence, voilà. Donc, ce… je trouve assez intéressant de permettre à l’enfant de s’identifier à ces héros-là. Ensuite une fois qu’on a lu une histoire… enfin on fait de la musique, par exemple, on demande aux enfants de jouer de leurs instruments pendant une demi-heure, ce qui à mon avis leur permet également de se concentrer et d’être en contact avec du concret, des notes, des mélodies, de la technique sur un piano ou sur un accordéon, c’est très concret. Quand on appuie sur une touche d’accordéon ça fait une note et ça n’en fait pas une autre. Donc, ça c’est à mon avis très intéressant pour les enfants parce qu’ils ont immédiatement la conséquence de leurs actes et dans le but d’arriver à une certaine harmonie. La musique c’est beau pour ça, c’est que ce n’est pas que de la technique, c’est aussi dire… en même temps essayer d’atteindre à une certaine harmonie.
Les enfants n’ont pas le même âge et on avait tendance au début à donner une éducation distincte à chaque enfant. On avait le sentiment qu’un enfant de 9 ans n’était pas réceptif aux mêmes informations ou aux mêmes instructions qu’un enfant de 3 ans. Et puis voilà ça c’est la vie qui nous a… qui a pris le dessus. Au quotidien, on s’est rendu compte que s’il y avait un centre d’intérêt, généralement ils prenaient le pas… surtout les enfants tous les trois s’intéressaient à la… à l’écoute de ce conte ou ils s’intéressaient à l’aboutissement d’un livre. On fait beaucoup de livres avec les enfants, on illustre des histoires. Donc, je crois que c’est très important. L’enfant a un grand besoin de se sentir comme les autres. Il a envie de faire ce que fait son grand frère, ça c’est assez fréquent dans une famille et finalement c’est un… c’est très soulageant pour les parents parce que de donner une éducation distincte à chaque enfant en même temps c’est épuisant. C’est épuisant parce que finalement il faudrait, ça sous-entendrait aussi que chaque enfant est dans une pièce différente, qu’il n’entend pas ce que fait son petit frère ou sa petite sœur… ça c’est rarement possible dans une maison et il y a des interférences qui font que c’est très vite le bazar.
Donc, aujourd’hui on est tous ensemble dans la même salle et on choisit ensemble d’un thème et on travaille sur ce thème une matinée. Alors si je dois faire une comparaison entre mes enfants et les… leurs copains du même âge, je sens une différence. Je sens une différence, je vois une différence chez mes enfants qui est due notamment au fait qu’on voyage beaucoup. Depuis que le dernier a eu 5 ans, on a fait des voyages. L’année dernière on était en Inde pendant plusieurs mois. Cette année on a fait un voyage au Maroc pendant plusieurs mois également. Je vois bien qu’en fait les enfants sont nourris d’autres paramètres et que ça leur donne une identité parce que finalement tout est une question d’identité. Tout est une question d’identité en voyant… en ayant des parents qui les emmènent… voilà, au fin fond d’une campagne ou près du désert marocain, vivre plusieurs mois avec des paysans ou avec des pêcheurs. Ils ont intégré des modes de vie complètement différents et ils sont… ça fait donc partie intégrante de leur personne. Ils sont nourris de ça et ça les rend automatiquement différents. Ceci étant, ils s’entendent très bien avec leurs copains du même âge qui vont à l’école. Ils sont à l’écoute, ils trouvent très… ils sont presque plus curieux des enfants qui vont à l’école que l’inverse. Ils posent des questions, ils sont ravis quand ils peuvent nous raconter que ça se passe comme ci pour telle copine ou ça passe… ça se passe comme ça pour tel copain à l’école.
On cadre leurs journées. Le matin on se lève, on va… si on reste à la maison on va dans la salle de classe, si on est en voyage on organise une journée. On va passer une journée avec les pêcheurs, on va passer une journée en ville avec… des commerçants. Enfin voilà, ils ont également… à mon avis, c’est très important qu’ils aient un rapport avec la rue, avec le… la vie populaire, ce que… ce qui manque un peu à nos chères têtes blondes ici en France. Donc là… voilà la journée est cadrée.
Si on prend l’exemple d’une journée à la maison, donc, on est… on raconte une histoire, on fait de la musique, on peaufine un livre qu’on a mis en place depuis quelques semaines et ensuite voilà on déjeune. À midi on déjeune tous ensemble, ça c’est aussi une chose très importante. Ensuite l’après-midi elle va être plutôt passée à l’extérieur si le temps nous le permet, passée à l’extérieur de la maison. On va sortir en forêt, on va aider une association d’ornithologie à comptabiliser les chouettes chevêches puisqu’elles sont en voie de disparition dans le Loiret par exemple ou on va sortir faire une sortie botanique avec un vieux botaniste qui est devenu un ami dans la Forêt de Montargis. Voilà c’est… on essaye de retrouver, de permettre à nos enfants cet équilibre qui m’a manqué à moi. Pour revenir à moi, à 13 ans je me suis retrouvé petit Robin des bois enfermé dans une boîte huit heures par jour. Donc, on équilibre la journée comme ça.
Alors, est-ce que mes enfants sont, se sentent différents, plus riches ou différents des autres par rapport à… au choix de leurs parents ? Je ne peux parler à leur place mais en tout cas je sens et c’est quelque part une certaine fierté de sentir que c’est devenu… ça devient très fortement l’identité des enfants. Les enfants maintenant s’identifient à leurs parents qui voient très souvent… je ne veux pas culpabiliser les parents qui doivent aller travailler tous les matins et qui doivent laisser leurs enfants à la nounou, je ne veux pas faire ça. Je suis conscient que je mène personnellement une vie et j’ai… je travaille en tant qu’artiste. Ça me donne beaucoup de liberté mais je crois que j’ai tout… je suis devenu aussi artiste, je me suis mis dans ce monde parce que ça me laissait toute ma liberté. C’est un cheminement finalement. Le fait d’être devenu artiste, c’est parce que je ne supportais pas qu’on me foute le grappin dessus… c’est… c’était un peu ça. Donc, c’est une continuité le fait de… d’avoir les enfants à la maison c’était pour moi plus simple et ça me demandait moins de contraintes parce que on a fait l’expérience, on les a mis un mois à l’école et on s’est très vite rendu compte à quel point l’école c’est une contrainte pour les parents. Il faut bien accompagner les enfants tous les matins. Si on veut qu’ils mangent à la maison et pas à la cantine, il faut aller les chercher à 11:30, ensuite il faut faire le déjeuner, ensuite il faut recommencer en début d’après-midi, puis aller les chercher pour le goûter. Donc, c’est une grande contrainte pour les parents et finalement si on calcule bien, ce n’est pas beaucoup plus de travail que de les avoir à la maison. Ça demande plus d’énergie mais ce n’est pas beaucoup plus de travail.
Les matières classiques comme on les enseigne à l’école, on va dire, disons, surtout à partir du lycée ou du collège… on ne les applique pas tant que ça. On se soucie tout de même que les enfants intègrent la grammaire, intègrent les mathématiques mais sur un autre plan que celui de l’apprentissage par cœur de certaines méthodes mathématiques ou certaines formules mathématiques et celui de certaines règles grammaticales définies une fois pour toutes. On essaye de rendre ces… cet apprentissage vivant et du coup… on découvre en cherchant c’est ce qui est formidable… je répète, la grande richesse du monde associatif français. On découvre des personnes formidables à travers les associations qui, eux, essayent de faire aborder les enfants les mathématiques ou la grammaire sous un autre angle et c’est très souvent ludique, c’est très souvent concret. Il y a très souvent le… la manipulation qui est en jeu et on est… ces personnes mettent toujours la formule abstraite en relation avec la nécessité constante… concrète, voilà. Une formule mathématique ça sert à… et on le manipule.
Légalement il y a un examen impératif, c’est… ça se passe à 16 ans. Donc, quand chaque enfant aura 16 ans, il devra passer aussi devant un inspecteur d’académie et l’inspecteur d’académie devra vérifier que l’enfant sache lire, qu’il sache écrire et qu’il ait un esprit logique. Voilà, c’est assez flou, dans les textes c’est assez flou. On ne sait pas très bien finalement quel est le socle de connaissance requis. Donc, cet état flottant comme ça nous rassure, moi ça me rassure pas mal parce que ça enlève… ça dérobe, finalement des mains de l’inspecteur, le fascicule qu’il a tendance à préparer pour venir contrôler les enfants et ça le met dans une situation beaucoup plus humaine.
On a fait une petite expérience au début de cette année. L’inspecteur d’académie nous a proposé de faire intégrer nos enfants dans une école à côté de chez nous qui était une jolie petite école très sympathique pendant un mois. Voilà, il nous a dit que c’était peut-être intéressant pour les enfants que d’avoir un rapport avec la classe, avec le groupe, avec le rythme, avec voilà un autre… avec le système classique. On a trouvé la… l’expérience… la tentative en tout cas intéressante, on l’a fait et au bout d’un mois on n’a pas voulu continuer parce qu’on s’est rendu compte que les enfants… nos enfants, ça concerne les deux enfants Armand et Hélène, en l’espace d’un mois, ils avaient vraiment changé. Et alors, sur quel point ils avaient changé ? Ils ont changé physiquement, ils étaient fatigués alors qu’on n’a jamais vu nos enfants fatigués. Ils étaient fatigués je pense de par le fait qu’ils étaient obligés de suivre un rythme qui était imposé par l’école classique. Deuxièmement, ils ont été constipés. Alors ça, ça peut paraître anecdotique mais ça nous a surpris. On n’a jamais vu nos enfants dans cet état-là et il a fallu qu’on fasse quelque chose pour ça mais ça nous a interrogé. Et puis cette constipation on peut aussi la transposer sur un plan relationnel parce que je vous raconte une petite anecdote : on était donc après… ça faisait trois semaines qu’ils étaient à l’école. On était le bord d’un… sur le bord d’un étang et il y avait des retraités qui faisaient des… du… qui faisaient fonctionner leurs bateaux en modèle réduit et j’étais très surpris de voir mes enfants rester auprès de nous et ne pas aller demander à ces retraités des conseils, leur poser des questions, leur demander d’essayer leurs bateaux. Voilà ce qu’ils auraient fait, ce qu’ils font aujourd’hui maintenant qu’ils sont revenus à la maison, c’est ce qu’ils font spontanément. Donc, quand je reprends cette idée de constipation, je les ai trouvé un peu freiné sur l’élan qu’on leur connaissait auparavant. Donc, je les ai poussé à aller voir ces personnes, ce que je n’avais jamais besoin de faire avant et finalement voilà le grand, maintenant, il fait du modélisme comme un passionné, c’est intéressant.
Donc, ce… on s’est rendu compte que le fait qu’ils aient traversé comme ça un mois de scolarité classique, ça leur a d’une part donné une certaine appréhension de l’adulte, ils commençaient à en avoir peur. Le grand, par exemple, Armand il disputait sa maman le matin parce qu’elle n’était pas toujours à l’heure, il lui disait : « Tu te rends compte, il faut qu’on soit à l’heure, il faut vraiment… il ne faut pas arriver en retard ». Donc, ça aussi c’était un symptôme de peur par rapport au professeur qui allait le gronder ou qui allait lui faire les gros yeux ou qui allait lui faire une remarque par rapport aux autres élèves. Donc, petit à petit se sont installés comme ça des petits grappins sur l’enfant qu’on a décelé très tôt. Je pense aussi qu’on les a décelé grâce à l’expérience qu’on avait avant, on a donc… on avait déjà passé plusieurs années avec eux et on a noté ce changement et finalement voilà ça c’est un des reproches que je pourrais faire aux enfants… enfin pas aux enfants…. les pauvres, mais au système, c’est celui de glisser de façon implicite à travers une instruction généreuse, sophistiquée mais de glisser de façon implicite le fait qu’il faut malgré tout arriver à l’heure, qu’il faut se… qu’il faut accepter cette règle, qu’il faut respecter l’élève coûte que coûte. Moi, je… c’est évident mais comme ce n’est pas clairement explicité, l’enfant l’intègre de façon implicite et c’est… chez lui ça rentre et c’est un peu confus du coup ça fait… ça le fatigue, ça le stresse, ça le rend moins détendu et moins avenant vis-à-vis de l’adulte.
Je voudrais rajouter un… une citation d’Einstein à laquelle vraiment je suis très attaché. Il dit : « Le mental intuitif est un don sacré. Le mental rationnel est un serviteur fidèle. Notre société a honoré le mental rationnel et a oublié le don ». Elle a oublié le mental intuitif. Alors, je tiens à dire cette citation parce que je fonctionne comme ça. Je fonctionne vraiment avec un mental intuitif et la vie me donne raison, la vie me donne raison parce que tous les jours on a l’impression de vivre une aventure formidable. Enfin c’est… on n’est jamais déçu de nos journées. Chaque journée nous apporte un grand bonheur.
 

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