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thérapie: les contes de fées!

 Jean-Pascal Debailleul : Dans un premier temps j’ai développé une méthode de thérapie par les contes utilisant ces contes comme autant dans des contextes précis, autant de procédures pour aller vers un changement. Certains contes sont très marqués sur le changement, d’autres marquent plus, mettent davantage l’accent sur les obstacles, d’autres mettent davantage l’accent sur l’accomplissement de soi, la réalisation de soi.

Certains contes aident à travailler son imagination créatrice, d’autres contes aident à travailler son rapport au monde extérieur par l’attention qu’on y porte et certains contes nous invitent justement à aller à la recherche de notre vœu profond et à le déployer. Donc c’est une méthode, moi que j’ai mis au point d’abord dans un cadre thérapeutique et j’ai travaillé avec des médecins, des psychologues qui m’ont envoyé des gens qui étaient en panne et qu’il était possible de remettre en route donc à partir de cette plongée en eux-mêmes, à partir du miroir du conte… dans le miroir du conte c’est soi-même que l’on retrouve démultiplié en plusieurs facettes et on apprend à jongler avec ces facettes. Et le conte donne la procédure pour manier ces facettes.

Les contes de fées ce sont des histoires qui appartiennent au patrimoine folklorique et traditionnel et qui sont arrivés jusqu’à nous comme réservés aux enfants alors qu’en réalité ce sont des histoires qui depuis la nuit des temps rappellent des grandes clés de sagesse et de développement, transformation de soi et ce que je voudrais vous montrer c’est comment avec ces simples histoires qui mettent en scène le merveilleux c’est-à-dire le miraculeux, ce qui dans notre vie correspond à l’inspiration, comment avec ces histoires nous disposons de procédure, de mode d’emploi que nous pouvons appliquer dès l’instant que nous arrivons à nous reconnaître dans le contexte qu’expose le conte. Donc, un conte c’est un contexte et pour ce contexte une démarche, un mode d’emploi, une procédure que l’on peut mettre en œuvre, qui utilise les grandes clés de la psychologie de toujours, une psychologie éternelle, on pourrait dire, que l’on trouve déjà dans les grandes mythologies et cette psychologie qui a traversé les siècles, elle est encore utilisable aujourd’hui comme je peux vous le montrer d’ailleurs à travers un exemple.

 Je pense que tous nous avons à l’esprit le conte du Chat Botté, n’est-ce pas, qui montre comment un meunier, un fils du meunier accède à son héritage, lui et ses frères viennent d’accéder à l’héritage que leur père leur a laissé et, lui, il n’a que le chat. Comment voulez-vous dans une société où l’héritage qui vous est fait vous permet de vous placer socialement, que voulez-vous faire avec un chat ? En fait, cette histoire montre comment dans un contexte où on s’attend à une certaine réalisation, un certain accomplissement, le fait d’être privé des moyens va inviter à faire tout autrement. En effet, dans cette histoire du Chat Botté, puisque avec son chat il ne peut rien espérer, le chat de façon soudaine va s’adresser à son maître et lui dire : « Attendez, mon maître, faites-moi confiance, faites-moi faire des bottes pour aller dans les broussailles et donnez-moi un sac avec un cordon et vous verrez que vous n’êtes pas si mal partagé ». Et, en effet, le chat vient d’avoir une idée de génie, c’est un chasseur et il vient d’avoir l’idée d’entreprendre une chasse au roi, ce qui, dans les contes, configure une chasse au grand accomplissement, à la réalisation par excellence.

La réalisation par excellence dans notre vie, qu’est-ce que c’est ? En réalité, c’est la réalisation de notre grand rêve. Nous avons tous un vœu profond, nous avons tous un rêve de quelque chose dans quelque domaine que ce soit, si c’est dans le domaine social ce sera le rêve d’une réalisation sociale, dans le domaine affectif ce sera le rêve d’un bonheur conjugal peut-être, dans le domaine professionnel ce sera le rêve d’une réalisation professionnelle. Généralement, on doit se limiter aux rêves de tout le monde, aux rêves que nos conditions d’existence nous ont mis à disposition. Donc, si nous avons fait telles études, si nous sommes de tel milieu, si nous avons telle histoire, il y a des chances que nous nous réalisions de telle et telle façon et quelquefois les moyens deviennent insuffisants, quelquefois la situation est telle qu’il faut faire tout à fait autrement. Le conte du Chat Botté nous propose de passer par le grand accomplissement c’est-à-dire de se mettre à réfléchir à ce qui pourrait être, dans notre vie, le grand accomplissement. Ça veut dire revenir au grand rêve que l’on a en soi. Puisque je ne peux pas accéder aux rêves de tout le monde, n’est-ce pas, en prenant mon héritage, accéder socialement à ce que tout un chacun peut trouver, eh bien, je vais réfléchir à ce que pourrait être mon grand rêve dans ce domaine.

 Et lorsque le chat se met en chasse du roi, en fait, c’est en chasse de ce grand accomplissement. Les épousailles avec la princesse dans un conte figurent toujours le grand accomplissement. Et c’est ce que le chat va commencer de faire. Alors comment fait-il? Il va demander à son maître, donc encore une fois, de lui faire faire des bottes pour aller dans les broussailles et un sac pour aller à la chasse et en réalité il va se mettre en quête du roi en tant que messager de son maître le Marquis de Carabas. Il invente une identité d’emprunt pour approcher le roi. Il ne peut pas dire, en effet, qu’il vient de la part d’un meunier, quand il va aller voir le roi et essayer d’approcher, de venir dans la familiarité du roi.

Donc, il va se faire passer pour le serviteur d’un Marquis de Carabas qui vient vers le roi lui faire des présents de ses chasses. Alors évidemment, les présents de ces chasses ce sont des présents tout simples. Ce sont des présents qui est un perdreau, qui est un lapin, qui… voilà, un petit animal que le chat amène donc au roi, apporte au roi et qu’il se fait recevoir par le roi qui, chaque fois, est ravi d’avoir ce présent de ce Marquis de Carabas qu’il ne connaît pas, mais qu’il apprend à découvrir de cette façon.

Et de cette façon pendant un certain temps, le chat faisant des cadeaux au roi venant vers lui, de cette façon va familiariser le roi avec cette identité nouvelle, cette identité de Marquis de Carabas, ce qui dans notre vie pour nous, correspond à un entraînement que nous pourrions mettre en place lorsque nous voulons justement aller vers notre grand rêve, la réalisation de notre grand rêve. Il va falloir apprivoiser notre esprit, notre intelligence, le roi. Le roi dans les contes, ça figure l’intelligence, il va falloir apprivoiser notre intelligence à l’idée d’un personnage que nous jouons, Marquis de Carabas qui est l’anagramme de baraka, donc un personnage chanceux, et à travers ce personnage chanceux, nous nous familiarisons avec ce que pourrait être et vivre un personnage chanceux. Eh bien, un personnage chanceux il va vers le roi dans un langage simple, clair. Il fait en sorte que le roi l’agrée et en effet que le roi chaque fois reçoive son cadeau, va dans le sens qu’en effet il y a une vraisemblance dans la manière de faire, comme nous dans notre environnement si nous commençons à nous conduire selon notre, une image de personnage chanceux et d’accompli, nous allons tester comment le milieu nous renvoie cette image, comment nous avons une vraisemblance, comment nous fonctionnons, comment nous sommes crédibles, voilà.

Donc, dans un premier temps, le chat s’attache à travers ce Marquis de Carabas à rendre crédible ce Marquis de Carabas qui, en effet, entre tout à fait dans la familiarité du roi. Ça c’est la phase d’entraînement, de préparation, mais on ne s’arrête pas là bien sûr. Une fois cet entraînement mis en place, le chat va proposer à son maître de se baigner à un certain endroit justement le jour où le roi vient à se promener avec sa fille et passant par là en carrosse, le chat va crier « Au secours ! Le Marquis de Carabas se noie! ». Et le roi, entendant Marquis de Carabas, s’arrête et bien sûr fait envoyer des gens pour le tirer de l’eau. Le Marquis de Carabas étant nu, le chat ayant dit que des voleurs sont passés pour voler ses vêtements, le roi le fait revêtir et puis voilà maintenant notre meunier en Marquis de Carabas revêtu avec les habits du roi et, ma foi, comme il a bonne allure, le roi un peu familier de ce Marquis de Carabas qui lui a fait tant de présents dans les quelques semaines précédentes, eh bien, lui propose d’être de la promenade.

Et lui, le meunier, qui n’était pas au courant, s’entendant traiter de Marquis de Carabas par le roi, se voyant invité à faire cette promenade, n’est-ce pas, pourrait se dire « Mais qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec ce Marquis de Carabas? ». Et il comprend que le chat a une stratégie et, hop, il enfourche cette stratégie qui est redoutable et dangereuse, vous vous en doutez, puisqu’au bout de cette promenade il y a un gibet si la promenade ne tourne pas à faire exister ce Marquis de Carabas, parce que c’est une identité d’emprunt,  c’est une identité fictive, c’est une sorte d’usurpation d’identité. Et le meunier néanmoins joue le jeu puisqu’il n’a rien à perdre, il a tout à gagner sinon bien sûr de tourner mal mais le chat chasseur comme il est, a prévu marchant en avant par rapport au carrosse, d’impressionner tout le, sur ce chemin, d’impressionner tous ceux qu’il va rencontrer en leur demandant pour le roi qui vient derrière, quand on lui posera la question « A qui appartient ce pré ? », par exemple, « A qui appartient ce champs, à qui appartient cette forêt? » de toujours dire : « Ça appartient au Marquis de Carabas ». Et chaque fois le chat, par exemple, rencontrant des faucheurs qui sont en train de ramasser le foin dans un pré, quand il les rencontre, il leur dit : « Attention, si le roi vient à passer dites bien que ce pré appartient au Marquis de Carabas sinon vous serez hachés menu comme chair à pâté ». Et bien sûr quand le roi passe, ayant craint cette menace ils disent ce pré appartient au Marquis de Carabas et le roi se tournant vers le Marquis de Carabas lui dit : « Comment? Ce pré est à vous, marquis? En voilà un pré qui certainement doit vous rapporter grand chaque année? ». « Comme vous voyez, Majesté ».

Et toute l’histoire évolue là dans cette accélération où on voit bien comme nous-mêmes dans notre vie, si nous prenons le parti de commencer à nous vivre dans notre accomplissement, dans un contexte qui n’est pas à nous reconnaître comme accompli, il va falloir que dans cette sorte de semblance d’image de soi que nous présentons au monde, que nous faisons valoir, il va falloir que nous soyons créatif, inventif à jouer avec toutes les représentations. Et donc dans un monde où tout est normalisé, jouer avec les représentations c’est comme ce que fait ce chat où le temps où passe le roi, il suffit de changer les étiquettes.

Alors évidemment, si on joue avec le monde extérieur et sa représentation comme autant d’étiquettes que l’on peut manier et faire valser, on va créer une sorte de déséquilibre dans notre vie. C’est une sorte d’affabulation d’une certaine façon, il y a un risque à fabuler. Et en même temps à jouer à cela, on va justement déséquilibrer le système de représentation qui nous habite, qui est figuré dans l’histoire par un ogre. C’est-à-dire chemin faisant allant comme ça sur… dans cette promenade avec le roi, de pré, en champs, en forêt, en ville, etc., traversant tout ce vaste domaine, le chat va arriver au château d’un ogre qui est connu pour sa puissance et c’est celui qui dominait tout ce territoire, qui est connu pour sa puissance et qui notamment a comme particularité qu’il sait se transformer en animal. Donc, le chat va le saluer et lui dire : « Je ne pouvais pas passer à proximité sans venir vous saluer. On m’a dit que vous aviez le pouvoir de vous changer en animal, ce que je ne saurais croire, en lion, en tigre, etc. ». Et l’autre lui dit : « Mais, tenez, regardez ». Et hop, il se transforme en lion. Le chat fait semblant d’avoir peur, il se sauve, puis il revient quand l’ogre a repris sa première forme et il lui dit : « On m’a dit aussi que vous pouviez vous changer en tout petits animaux. Que vous ayez pris un gros animal, je le comprend, mais de tout petits animaux comme un rat, une souris, ce que je ne saurais croire une chose pareille ». Et l’autre lui dit : « Mais, regardez donc » et il se transforme en souris et à ce moment-là, le chat lui saute dessus. L’ogre ayant été dévoré, le château est libre. Le roi passant à proximité, le chat va l’accueillir à la porte, l’invitant à entrer dans ce château du Marquis de Carabas. Et le roi de dire : « Comment? Marquis, ce château aussi est à vous? Montrez-le moi, je vous en prie ». Descendant du carrosse ensemble avec la fille, le roi, il monte les escaliers et comme l’ogre attendait ce jour-là des amis, une collation était prête si bien que le roi peut être reçu par le Marquis de Carabas en son château et à l’occasion de cette collation quelques verres agréablement partagées, le roi va venir à dire au Marquis de Carabas qu’il ne tient qu’à lui d’épouser sa fille.

À travers cette histoire, on se pose la question « Est-ce qu’il faut fréquenter les contes pour pouvoir faire quelque chose? Entreprendre une transformation de soi à partir des contes? ». Il est évident qu’il y a dans ces histoires comme autant de mode d’emploi des aides à la transformation de soi que l’on peut mettre en œuvre. Alors quand on est face à un conte comme ça, il faut pouvoir se reconnaître dans tous les personnages. Nous sommes tous les personnages de l’histoire comme autant d’aspects de nous-mêmes. Donc, là dans cette histoire du Chat Botté, le meunier c’est cet aspect de nous-mêmes qui est confronté à la situation mais le chat c’est en nous, notre intuition et surtout une prédisposition, une qualité… ce chat a pour particularité que c’est un fameux chasseur. Donc, pour nous qui n’arrivons pas ou qui n’imaginons pas pouvoir nous accomplir avec l’héritage qui nous est fait, eh bien, on nous dit qu’une qualité en nous, qui quand même ne veut pas en rester là, pourrait tout à fait répondre à la situation et en effet cette prédisposition de chasseur, qui sait, ce qu’elle pourrait faire si je me remettais à elle et elle, elle a dans l’instant, cette intuition qu’une chasse au roi pourrait mener à un changement, à une réalisation qui autrement ne serait pas possible.

Alors ça c’est une première chose, donc c’est la première idée ça. Il est possible à travers une prédisposition qui me caractérise de répondre à la situation d’une manière autre, toute autre c’est-à-dire hors des sentiers battus et cette prédisposition pourrait avoir l’intuition d’un passage, bien. Il est proposé que ce soit à travers une image d’emprunt, une identité factice c’est-à-dire une représentation de soi accomplie, qu’il faille développer cette manière de faire.

Or, pourquoi en effet ne pas se représenter soi-même, accompli? Pourquoi ne pas projeter cette idée de ce que nous serions si nous étions parfaitement accomplis? Donc, fréquenter l’accomplissement, fréquenter le roi, ça veut dire fréquenter l’accomplissement, ça veut dire avoir une certaine attitude dans la vie, avoir une certaine posture et c’est la posture de l’accomplissement, la posture du héros accompli, c’est-à-dire qui est tout au fait de la pleine expression de sa qualité, de sa prédisposition. En l’occurrence dans cette histoire c’est une prédisposition de chasseur mais on pourra avoir dans la vie, une prédisposition de convivialité, par exemple, et se dire : « Tiens, pourquoi ça ne serait pas par la convivialité, par mon talent de convivialité que j’essayerais de réussir et d’aller vers mon accomplissement? ».

Alors si, par exemple, on prenait cette situation, cette optique, mon talent de convivialité, qui sait ce qu’il ne pourrait pas m’offrir comme réalisation, eh bien, il va falloir se reconstituer une sorte d’identité de soi particulièrement conviviale et la mettre en scène, commencer à la mettre en œuvre dans notre esprit, et puis à la mettre en scène dans notre environnement et essayer de voir comment elle fonctionne, si elle a de la crédibilité, petit à petit se familiariser avec ça et ça c’est la partie d’entraînement qui est présentée par l’histoire. Cette partie d’entraînement, si elle est bien menée, viendra à un moment où elle nous offrira une chance particulière. Derrière l’entraînement, un jour, un contexte, une situation inattendue, un concours de circonstances va faire qu’une chance se présente, la promenade avec le roi et cette chance-là s’il y a eu assez d’entraînement, eh bien, on va pouvoir la saisir et à ce moment-là l’histoire nous dit que si on attrape cette chance alors on va passer dans une phase d’accélération où là il va falloir être particulièrement créatif, inventif, jouer avec les étiquettes, jouer avec toutes les représentations du moment, du contexte, des gens que l’on rencontre, etc. Il va falloir développer une habileté mentale à jouer et à jouer son personnage, son personnage de convivial, contenir, continuer de présenter cette image de convivialité. Et à faire cela, eh bien, dans cette créativité un peu comme le clown, vous savez qui se jette dans la situation pour faire rire et qui doit attraper les éléments qui sont de nature… risibles, disons, eh bien, de la même façon dans l’image que nous projetons de nous-mêmes, nous allons commencer à faire vivre dans l’environnement cette présence de nous selon notre image et ça va être facteur de situations cocasses, situations nouvelles d’improvisation et à l’occasion de ça on finira par passer à travers ses propres résistances. C’est-à-dire ce qui en nous est une représentation du monde où on est en échec, où en tout cas on ne peut pas se développer où on a l’impression qu’il n’y a de développement possible ou de réalisation possible que selon certaines normes. C’est-à-dire qu’on va commencer si on agite d’une certaine manière nos images habituelles. Si on commence à les agiter on va rencontrer toutes les existences qui constituent l’arrière-plan de notre construction du monde et dans cette friction, à un certain moment, il y aura un passage qui s’ouvrira.

Donc, le conte propose une friction créatrice à partir d’éléments qu’il nous invite à mettre en œuvre. Dans toute la question avec l’univers des contes et là j’ai parlé du Chat Botté, mais un conte du Chaperon Rouge serait autre chose, le conte de La Belle au Bois Dormant serait encore autre chose, c’est-à-dire pour des contextes différents, des procédures différentes mais qui utilisent toujours la même clé de base, à savoir à partir du talent de vous-même qui a une possibilité infinie. On sent bien qu’un talent que l’on a, si j’ai le talent de la convivialité si j’ai le talent de la joie de vivre, si j’ai le talent du partage ou de la générosité, on sent bien qu’un talent comme cela, il ne veut que la générosité, il ne veut que le partage, il ne veut que la convivialité ou la joie de vivre. C’est-à-dire que le talent ne veut que lui-même à l’infini. Si on parie sur cette qualité prédisposition de soi-même qui est comme infinie, elle est capable d’ouvrir dans la réalité, dans le champ de la réalité du tout possible, cet infini des possibles est d’attraper des solutions, des circonstances, des occasions, des opportunités qui vont permettre de vivre quelque chose de tout autre.

 

Coco Certa : Alors, d’accord, mais moi je voudrais comprendre comment on peut, en fait, c’est un outil qui, qu’on utilise comment ?

 

Jean-Pascal Debailleul : Alors quand utilise-t-on cet outil? Cet outil, recourir aux contes donc pour une transformation de soi, cet outil-là on l’utilise dans les moments d’impasse. Les contes commencent toujours mal car, en fait, ils proposent toujours cette démarche dans des situations d’impasse, d’impuissance où tout a été essayé, en vain et maintenant on ne sait plus quoi faire. C’est-à-dire la proposition de recourir au miraculeux, au merveilleux, les contes de fées sont des contes merveilleux, la proposition de recourir au merveilleux, au miraculeux c’est-à-dire à l’inspiration c’est une proposition ultime. Tout le monde devrait recourir à l’inspiration pour tout ce qu’on entreprend. Or, on recourt souvent à des habitudes, à des recettes toutes faites. On ne pense pas à recourir à l’inspiration. Donc d’une certaine manière la proposition de recourir à l’inspiration, elle est proposée, cette proposition est faite dans les contextes d’impuissance, d’impasse, ou bien, si on dramatise dans notre vie on pourrait dire je vais faire comme si c’était une impasse et je vais recourir à l’inspiration c’est-à-dire que cette proposition est pour les moments extrêmes, pour les impasses.

 Souvent les gens qui arrivent dans cette approche, qui viennent pour se transformer dans cette approche des contes, ce sont des gens qui ont cette possibilité et qui ont cette nostalgie, donc, de cette innocence et de cette fraîcheur et ce sont des gens qui, voilà, n’arrivent pas à changer dans certains domaines, tournent en rond dans certaines tendances toujours les mêmes. Ça peut être enfermé dans une jalousie ou dans une possessivité à l’intérieur de leur couple. Ça peut être dans le cadre de leur travail professionnel, des gens qui voilà sont dans un harcèlement, par exemple, et n’arrivent pas du tout à dédramatiser ou à traverser ça avec la force qu’ils pourraient par ailleurs dans d’autres domaines de leur vie. Souvent, on voit des gens qui ont des… mis au point des ressources dans certains domaines et qui dans d’autres sont extrêmement démunis, des gens qui veulent retrouver quelque chose qu’ils ont perdu. Il semble bien que le temps passe, que leur… une vie morose est devenue le lot quotidien et ils aimeraient rattraper les choses mais où aller chercher l’énergie qui va permettre que le changement, le souhait de changement ne soit pas qu’un feu de paille. Donc, ce n’est pas une impulsion comme ça qui est sans lendemain, comment prolonger ça en profondeur.

Donc, souvent ce sont des gens qui ont déjà parce qu’on me les envoie, donc ce sont des gens qui ont travaillé avec moi, par exemple par le bouche à oreille ou ce sont des médecins, des psychothérapeutes et qui savent comment il y a un ressort dans le conte. Il y a tout à coup la possibilité de réveiller des énergies endormies et surtout le conte par sa positivité est à même de faire ce réveil. Donc il se peut que le thérapeute ou un accompagnant, quelqu’un qui déjà aide une personne, ne sache pas, ne trouve pas l’intensité des ressources et d’une certaine manière il compte sur le conte plus que sur moi et mon aptitude à conduire cette thérapie, si vous voulez. Il compte sur le conte lui-même. Le conte par sa vertu, par sa force, par sa beauté réveille et à ce moment-là, l’effet c’est l’histoire elle-même qui va le produire. C’est tout un univers actif en réalité.

 

 

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