
Les recherches sur la sérotonine indiquent clairement qu’il s’agit d’un messager chimique qui est répandu à peu près partout dans le cerveau et qui joue un rôle central au niveau de la régulation de l’humeur, est impliquée dans toutes sortes de haute fonction aussi au niveau du sommeil même des expériences spirituelles et des prédispositions à la spiritualité. On sait qu’essayer de maintenir à un niveau optimal de sérotonine est associé à un bien-être sur le plan physiologique et émotionnel. Donc il y a une pathologie où on sait qu’il y a vraiment un fonctionnement anormal de ce messager chimique-là, de la sérotonine, c’est la dépression majeure et dans la dépression majeure il y a une diminution de synthèse, de libération de sérotonine au niveau de différentes régions du cerveau qui sont impliquées dans le contrôle des émotions. Et la voie pharmacologique fonctionne plus ou moins bien, on le sait depuis quelques décennies, de plus en plus d’études qui montrent que les agents anti-dépresseurs, par exemple, qui ciblent la sérotonine, ben, ont des effets plus ou moins intéressants, plus ou moins limités et évidemment des effets secondaires aussi.
Alors au laboratoire depuis quelques années, on s’est intéressé à une autre approche, une nouvelle approche qu’on appelle psychoneurothérapie, c’est-à-dire que dans cette approche-là on va combiner certains éléments de psychothérapie, surtout l’approche cognitivo-comportementale. Dans cette approche-là on essaie de changer des schémas de pensées erronés, donc des croyances, par exemple, fausses au sujet donc de l’individu déprimé par apport à lui-même et on combine ça à ce qu’on appelle la neurothérapie ou neurofeedback c’est-à-dire que c’est une approche qui vise pour l’individu à apprendre à réguler l’activité de son cerveau au niveau de différentes régions. Il y a des travaux qui sont faits dans ce domaine-là depuis une trentaine d’années et qui montrent que les individus peuvent apprendre à contrôler l’activité cérébrale de façon assez rapide, du moins chez des gens qui sont sains sur le plan neurologique ou psychiatrique.
Dans le cas des personnes déprimées, il y a des travaux qui ont montré donc qu’il y a des baisses importantes au niveau de la sérotonine et, nous au laboratoire, ben, on s’est demandé si une approche psychoneurothérapeuthique ne pourrait pas permettre d’obtenir des résultats plus intéressants que la pharmacothérapie qui est basée sur l’utilisation des anti-dépresseurs, par exemple, chez des patients déprimés. Alors c’est une forme de thérapie qui combine des éléments psychothérapeutiques, donc c’est relié surtout à l’approche cognitivo-comportementale. C’est une approche qui vise à changer les schémas de pensées, les systèmes de croyance qui sont reliés à l’individu déprimé.
Alors on a testé cette approche-là chez un groupe d’une trentaine de patients déprimés l’année dernière, des gens qui souffraient d’une dépression sévère, pour plusieurs, d’origine génétique, donc il y avait beaucoup au niveau de la famille. Et c’était des individus qui, pour la plupart, ne fonctionnaient plus en société, ne travaillaient plus du tout depuis plusieurs années. Donc, on utilisait cette approche-là et on s’est rendu compte que… il y avait environ 75 % des individus qui ont participé au projet de recherche qui se sont trouvés en état de rémission sur le plan clinique au bout simplement de quelques mois de traitement et donc ce sont des résultats assez spectaculaires qui sont supérieurs à ceux des anti-dépresseurs classiques et chose intéressante c’est que dans cette approche-là il n’y a pas d’effets secondaires négatifs. Donc, c’est une voie qui semble remplie de plein de promesses pour le futur.
