
Le mot psychosomatique, ça veut simplement dire que tout ce qui se passe dans notre tête et dans nos émotions, a une répercussion sur le corps physique et tout ce qui se passe dans notre corps physique a une répercussion dans notre tête, dans notre pensée et sur nos émotions. Par exemple, c’est un fait quotidien courant que chacun a pu observer, si vous avez une rache de dent, ben, c’est extrêmement difficile que votre esprit fonctionne sur quelque chose d’abstrait par exemple et puis l’inverse si vous avez un gros souci et bien, vous avez des répercussions dans votre corps.
D’ailleurs la notion psychosomatique, elle est très facile à aborder si on se sert de la notion de stress parce que chacun quand il est très stressé, se rend bien compte que ce n’est pas seulement son mental qui est perturbé avec des idées un petit peu… parfois même un peu obsédant. Mais c’est aussi tout son corps qui est tendu, qui est nouet, d’ailleurs on dit bien, « J’ai… j’ai les boules, j’ai l’estomac nouet, j’ai… j’en… ça me fait froid dans le dos, etc » toutes ces expressions du langage courant.
Il y a des techniques psychocorporelles telle que la respiration consciente de détente, le relâchement musculaire par la relaxation, qui permettent déjà de diminuer l’impact de la douleur… c’est, ça fait partie de la gestion de la douleur, de se servir de sa respiration, de la relaxation et de l’image mentale. C'est-à-dire, notre imaginaire au lieu de le laisser vagabonder sur des idées pénibles et douloureuses ou noires, désagréables, le… l’alimenter avec des images agréables et par exemple, pour un des gestions de douleurs physiques, la personne peut se mettre en… en relaxation et imaginer que elle est au bord de la mer au soleil si elle aime cette situation. Et aussitôt, ça… ça ne supprime pas complètement la douleur si elle… surtout si elle est très importante mais ça la diminue, ça la calme et en même temps, ça… ça calme le… le caractère anxiogène que donne toutes douleurs physiques. Par exemple, là, je peux respirer faire une relaxation… une respiration de détente qui va me rendre dans… beaucoup plus détendue dans notre conversation.
C’est prolonger un peu l’expire, relâcher, respirer… inspirer doucement, relâcher et à ce moment là, je relâche tout mon organisme et mon système neurovégétatif qui est le système nerveux autonome, se calme. Et ce calme du corps va diminuer ma douleur si j’ai une douleur physique et va aussi diminuer un peu mes… mes… l’impacte de mes émotions. Mais, il ne faut pas attendre que le Titanic coule pour apprendre à nager, hein. C'est-à-dire que si on attend d’être dans une situation très difficile à vivre pour pratiquer ça, ben, évidemment on n’y arrivera pas.
La première ressource, c’est la respiration. C’est parce que, lorsque nous sommes sous l’empire d’un agent stressant très fort automatiquement nous bloquons, ça n’aperçoit pas mais on bloque le diaphragme. Pourquoi ? Parce que nos émotions, notre réservoir d’émotion il est là et si je laisse mon diaphragme souple et bien mes émotions vont monter et je vais me mettre à crier comme je l’ai fait tout à l’heure. J’ai débloqué mon diaphragme en laissant sortir le cri. Donc, pour ne pas que le cri sorte, on bloque le diaphragme. À ce moment là, notre respiration va être limitée. On va seulement respirer là et notre circulation… notre respiration ne sera pas ample et du coup, on va crisper le… le haut du corps et rester après avec ce potentiel de crispation dans tout le corps.
Donc, l’idée c’est quand je… je cherche à me détendre et ça serait souhaitable de le faire 1, 2, 3 fois par jour et ça prend pas de temps. On peut le faire en attendant le bus, hein. C’est de… ne pas inspirer mais juste où j’en suis de ma respiration de souffler. Alors, là je le fais de manière un peu exagérée pour que vous compreniez le mécanisme mais ça peut se faire sans que personne ne s’en rende compte. Je… je fais simplement une attention à mon diaphragme et de prendre le temps de souffler d’abord. Ensuite je prends l’inspire au niveau du ventre, je laisse monter la respiration jusqu’aux épaules mais tout doucement et après lentement, profondément je vais expirer. Et là, ça m’amène à gonfler un peu mon ventre et puis je vais respirer à nouveau tout doucement, tranquillement et prendre le temps encore d’une très longue expiration et en 1 minute, 2 minutes, 3 minutes, vous changez le… le registre tensionnel de votre organisme. C'est-à-dire qu’à ce moment là, là… il y a une détente et du corps et de l’esprit. Alors, je vous recommande vraiment d’utiliser cette respiration le plus souvent possible. C’est en fait une ressource qui préserve notre santé et notre bien-être.
Alors, ça donne des résultats, moi j’ai accompagné pendant 12 ans des… des personnes atteintes de… cancer et dans des… un travail de groupe, de psychothérapie de groupe et c’était deux heures et demie de travail ensemble. Ces personnes malades pouvaient d’abord parler de ce qui leur arrivait. C'est-à-dire, exprimer leurs émotions, alors ça. Ça diminue l’impacte du stress quand on peut exprimer ses émotions en… parler de ce que l’on ressent, éventuellement se laisser à pleurer, exprimer sa révolte, parler de ses peurs. Donc, ça relâche ça aussi et puis ensuite pratiquer justement ces exercices de détente et de relaxation. Vous voyez, ce sont des techniques très, très anciennes dans la pratique de l’ayurveda, dans la pratique de… du bouddhisme, de… du taoïsme. Il y a énormément comme ça d’exercices de détentes, de relaxation et d’imagerie mentale.
Et alors, et ces personnes pendant la relaxation, je leur proposais d’imaginer toutes les ressources de leurs corps, système immunitaire, toutes les systèmes d’entretient naturel de notre corps et de les imaginer en activité en train de travailler à l’intérieur de leurs corps pour lutter contre les cellules mauvaises. Et chaque personne à sa façon, imaginait un scénario… un scénario de guérison en quelque sorte. Mais il était bien précisé que ce n’était pas une ressource magique que par ailleurs, il était nécessaire de s’occuper de son régime alimentaire, son hygiène de vie, suivre les traitements choisis, etc. Ce n’est pas ça, utiliser son imaginaire à la place d’autre chose, c’est une ressource à ajouter. Et compte tenu des liens corps-esprits, ça a un impacte parce que… parce que par exemple, chacun a fait l’expérience de ce pouvoir de l’image sur le corps. C’est si vous avez faim, vous imaginez quelque chose que vous avez envie de manger. Ah ! Immédiatement la salive vient à la bouche. Ça veut dire que l’image mentale déclanche tout de suite des réactions physiologiques, change la chimie du corps.
Alors ça va probablement pas suffire pour traiter complètement un cancer mais ça peut… c’est un élément qui entre en jeu. Et comme on sait que la… la maladie… que le déclanchement d’une maladie, c’est une conjonction de facteurs, au moins on peut jouer sur ces facteurs là.
