
Je me suis donc formée pendant deux ans et puis j’ai commencé par ce que je connaissais, c’est-à-dire, du coaching de cadre d’entreprise. Et, alors là, c’est là où il s’est passé un déclic. J’ai été amenée, notamment, ben, par le biais de gens que je coachais, qui avaient des jeunes dans leurs familles, ou bien même par des amis de mes propres enfants, à coacher des jeunes et, notamment, des jeunes qui avaient envie de créer des entreprises. J’ai trouvé ça passionnant et j’adore, j’adore travailler avec les jeunes, je trouve que c’est enthousiasmant et puis, il y a tellement, tellement à faire avec eux et quand on a, enfin je dirais que l’investissement sur les jeunes, il est formidable parce qu’ils vont très vite et vraiment, on a l’impression qu’on peut les faire évoluer de façon considérable. Donc, je me suis passionnée pour ça et le faisant, m’est venue l’idée de me dire « Bon, finalement, des jeunes créateurs d’entreprises... pourquoi est-ce que je n’investirai pas dans des entreprises, justement, en création ? » Et c’est ainsi que je suis devenue « business angel » et que je me suis prise à ce jeu-là, de rentrer au capital de jeunes entreprises. « Femmes Business Angels », c’est un réseau de « business angels », comme le dit donc le nom, et qui a une particularité c’est que, nous sommes des investisseuses, et non pas des investisseurs et c’est donc notre, je dirais, notre compétence distinctive. Pourquoi ? Ben, parce que finalement, les femmes étaient très peu nombreuses dans les réseaux, je dirais, classiques, dit mixtes. En fait, elles sont 3 % en France et elles étaient donc beaucoup d’entre elles, éparpillées une ou deux dans chacun des réseaux et donc, on a eu l’idée, enfin c’était pas moi, c’est la fondatrice, Béatrice Jauffrineau, qui avait eu l’idée de créer un réseau féminin parce que, ben, finalement, c’est sympathique de se retrouver entre femmes pour exercer cette activité. Alors, je vais vous parler un petit peu de la façon dont se passe la rencontre entre le créateur d’entreprise et le « business angel » ou la « business angel ». Bon, nous on a un système qui fait que, on demande aux « porteurs de projets », c’est ainsi qu’on les appelle, de déposer leurs dossiers sur notre site, notre site Internet, donc, il y a une procédure. Le dossier, donc, arrive. On a une petite équipe qui est chargée de lire les dossiers à leur arrivée et il y a un certain écrémage qui se fait à ce niveau. Donc, par rapport au montant recherché, aux critères qui sont quand même les nôtres, on élimine un certain nombre, un certain nombre de projets. Donc, une fois ceci fait, les autres projets sont programmés pour un passage dans ce qu’on appelle « l’élévateur pitch ». Alors, c’est quoi un « élévateur pitch » ? C’est une séance, rapide puisque ça veut dire normalement qu’on a le temps de la montée de l’ascenseur pour convaincre, alors on n’est pas aussi cruelle que ça. On laisse donc, à nos porteurs de projets une dizaine de minutes pour exposer, donc, leurs projets, et ensuite, on leur pose quelques questions. Mais, enfin c’est quand même quelque chose de rapide mais on voit le « porteur de projet » et ça c’est très important. C’est très important parce que, pour nous, la personnalité du « porteur de projet », c’est fondamental. Donc, on a, à nouveau, après ces séances « d’élévateur pitch », un nouveau tri. Et ensuite, ceux, les heureux élus, ceux qui sont conservés, sont présentés à nos membres pendant, ce qu’on appelle une « réunion mensuelle » donc qui a lieu... en fait, tous les deuxième lundis du mois et, en général, on présente cinq projets par séance, qui sont donc, ceux qui ont particulièrement plu aux comités de sélection. On voit divers types de « porteur de projet ». Il y a une chose qui est un petit peu dangereuse, c’est… je dirais, trop d’enthousiasme sans avoir assurer ses arrières. Parce que, c’est vrai que, bon, ce qui fait d’ailleurs le charme de cette activité, c’est qu’on voit des gens qui sont plein d’idées, qui partent avec la certitude que ça va marcher. Et ça fait d’ailleurs du bien parce que, dans cette époque de crise où tout le monde cultive la sinistrose, nous, on est sur une bulle. On est très heureux de voir des jeunes qui ont plein d’idées et qui ne sont pas démontés par ce qui se passe. Mais derrière, il faut quand même que ça tienne la route. Alors, on est obligé… bon, même si l’idée est brillante, une idée brillante, ça ne suffit pas. Alors, on a dit, il faut une idée brillante, on a dit il faut un « porteur de projet » ou une « porteuse de projet » qui ait les reins solides et qui ne se démonte pas. Et souvent d’ailleurs, les femmes ont plus de pugnacité, enfin on les voit… quand vraiment elles ont une idée en tête, ça... en général, elles assurent. Et donc, par-delà ça, il faut qu’il y ait une étude sérieuse derrière. Alors, on demande à nos « porteurs de projets » un « business plan ». Alors, ce que... le « business plan » ça révèle deux choses. Bon, d’une part, il y a les chiffres, alors permettez moi d’être... assez dubitative sur les chiffres parce que les chiffres, bon, on met des chiffres. Bon, il faut le mettre, il faut absolument les mettre, sinon on ne passe pas dans nos différents tris, il faut avoir des chiffres. Mais, qu’est-ce qui compte ? Ce qui compte c’est que le « porteur de projet » ait bien vu tous les aspects de son projet. C’est-à-dire, le côté concurrence, le côté véritablement innovant. Est-ce que, il y a vraiment une barrière à l’entrée ? Qu’est-ce qui va se passer ? Bon, qui regarde évidemment son marché, qui le segmente, qui cible, etc. Donc le « business plan », ça va surtout nous servir à savoir s’il s’est bien posé toutes les bonnes questions qu’il doit se poser, pour que son plan tienne la route. Après, je dirais, le reste, bon… on ne sait pas ce qui va se passer parce que, par définition, l’entreprise se lance. Nous, on est vraiment au niveau de l’amorçage. Mais si la personne s’est posée les bonnes questions, eh bien, elle aura les bonnes réponses au moment où elle sera confrontée à la réalité, et c’est ça qu’il faut. Donc, qu’on vérifie bien que tous les aspects ont été vus. Si vous voulez, je voudrais prendre un exemple. Lorsque vous allez en terrain inconnu, c’est important d’avoir, d’abord, regardé une carte, d’avoir tracé son chemin et d’avoir vu où étaient les obstacles. Si vous savez que vous allez rencontrer des difficultés sur votre chemin, si vous avez pu les baliser, eh bien, vous arrivez avec une certaine prudence et vous contournez l’obstacle. Si vous n’avez pas préparé le terrain, si vous n’avez regardé, vous n’avez pas préparé votre voyage, ben, vous pouvez vous casser le nez sur quelque chose à quoi vous n’avez pas du tout pensé. Donc cette action, je dirais, de balisage, pour moi, est fondamentale. Maintenant après, ben, on avance et puis il se passe que... ce qui doit se passer. Mais on est bien plus armé, quand on s’y attend un peu.
