
Mes chers amis, bonjour ! Aujourd’hui, je vous propose de nous arrêter sur, finalement, la créativité, l’innovation, la manière de regarder les choses autrement. Pourquoi ? Prenons simplement un exemple concret : mes chers amis, si dans un lit chacun a sa place, un soir l’un des deux prend la place de l’autre, je vous invite à imaginer la réaction de celui qui ne trouve pas sa place. À table, un enfant est toujours assis en face de sa maman et un jour il prend la place de sa maman. Je vous invite à voir la réaction de sa maman. Même parfois, en ville, quelqu’un a une maison, avec un garage et il aime garer sa voiture devant son garage, sans gêner bien sûr la sortie de celui-ci de l’autre côté de la rue, je vous invite à imaginer sa réaction lorsqu’une personne vient prendre sa place. Même dans le train de banlieue, il arrive que des gens prennent toujours la même place et, un beau matin, une personne ne trouve pas la place qu’elle prend d’ordinaire. Je vous invite à imaginer sa réaction.
Alors, pourquoi tous ces cas ? Très simplement, mes chers amis, pour parfois nous bousculer. Si nous voulons conduire les changements, anticiper, prévoir de nouvelles situations, il nous faut nous bousculer et bien évidemment, quelque part sortir du cadre de nos habitudes, être créatif, pouvoir avoir cette idée de survie, pour se placer différemment, autrement. C’est toujours cet exemple de l’enfant qui est placé dans une cantine scolaire et il est toujours servi le dernier. Alors, il ne lui reste pas grand-chose. Et un jour, il décide de prendre la place du premier. Il est évident qu’il verra une manière autre de bousculer sa manière de regarder. Autrement dit, quels sont les points de repère, dans notre vie, pour nous pousser à la créativité ?
Alors je vous propose 6 points de repère. D’abord, quel est le point de repère ? On peut être créatif seul, on peut être créatif en groupe. Si on est seul, eh ben, il suffit simplement de se laisser à ses fantasmes, à ses imaginations, à ses désirs. Si on est en groupe, on a tout intérêt à être un groupe de six, huit personnes maximum, de façon à ce que la richesse du désir de créer quelque chose de nouveau, eh bien, se fasse par cet échange. Voilà le premier repère : constituer un groupe pour être créatif.
Quel est le deuxième repère ? Eh bien, il faut choisir un animateur qui va diriger le groupe, non pas la créativité, mais diriger le groupe de façon à ce que, bien sûr, chacun puisse pouvoir s’exprimer. C’est le troisième repère. Chaque fois que nous allons travailler la créativité, il est bon qu’il y ait un groupe de personnes avec un animateur qui dirige le groupe, et que tout le monde puisse s’exprimer, puisque l’idée finale appartiendra à tout le monde. Ça ne sera pas l’idée de l’un par rapport à l’idée de l’autre.
Quel est le quatrième repère ? Si nous avons un animateur, il nous faut quelqu’un qui note, et qui note tout ce qui est dit. Pourquoi ? Parce que nous pouvons nous servir à ce moment-là, par rebond, d’une idée qui entraîne une autre idée, qui entraîne une autre idée. Et, tout de suite, nous arrivons de ce fait au cinquième repère.
Quel est-il ? Eh bien, chaque fois qu’une idée est nommée, ne jamais la critiquer. Le grand danger dans la créativité, c’est la censure, c’est le blocage d’idée, c’est la barrière que l’homme se met. Donc, se laisser aller à toute idée pour que cette créativité soit riche. D’ailleurs, je vous invite à regarder, chaque fois qu’on discute avec quelqu’un, on lui dit « Tiens, comment pourrais-je aller de Paris à Toulouse ? » Les premiers moyens de transport sont les plus connus : la voiture, le train, le TGV, l’avion. Et ce n’est qu’après avoir cherché, cherché, cherché que la créativité sera. Autrement dit, être créatif c’est s’interdire la censure et s’interdire la critique, laisser chacune et chacun s’exprimer.
Quel est le cinquième repère ? C’est, bien évidemment, de toujours planifier un temps créatif. La créativité est quelque chose qui est usant pour la réflexion de l’être. D’où, nous devons nous mettre des phases créatives de l’ordre de 25 à 30 minutes maximum, puis s’arrêter et reprendre, bien sûr, cette créativité et ne pas laisser le temps s’épuiser qui finirait par bloquer la créativité. Donc, des phases de 25 à 30 minutes de créativité riche, avec un ensemble de questions qui bousculent les gens, qui les font sortir du cadre, qui les font aller vers quelque part le rêve et qui fait en sorte que, chacune et chacun, apportent quelque chose de nouveau, de neuf parce qu’il sait qu’il n’est pas critiqué.
Quel est le sixième point de repère ? Eh bien, mes chers amis, chaque fois qu’on veut être créatif, il faut sortir du cadre de ses habitudes. Quand des médecins se retrouvent, de quoi parlent-ils ? Quand des professeurs se retrouvent, de quoi parlent-ils ? Quand des chanteurs se retrouvent, de quoi parlent-ils ? Et quand des policiers se retrouvent, de quoi parlent-ils ? Bien sûr qu’ils peuvent parler de tout autre chose, ils peuvent aussi se concentrer sur ce qu’ils font et ce qu’ils sont.
Autrement dit, chaque fois que quelqu’un veut travailler la créativité, il faut qu’il mette quelqu’un d’étranger, d’étranger complètement à la recherche. Je pense toujours à cette idée qui est connue et qui est jolie. C’est un jour, un groupe de chercheurs dans un laboratoire pharmaceutique qui devait donner le nom d’un médicament et la molécule correspondait à trois lettres « NAL » et qu’il y avait un certain nombre de personnes qui phosphoraient pour trouver le nom de ce médicament. Et à un moment, il y a eu un dérangement, une personne est sortie, et en sortant, en quittant la pièce, elle dit à tous les autres « Eh bien, gardez NAL », N-A-L, et le nom du produit a été ainsi trouvé. Racontons dans la créativité.
Autrement dit, la personne qui avait dit « Garder NAL » n’était quelqu’un qui n’appartenait pas au milieu scientifique. C’est quelqu’un qui était complètement hors norme, hors-cadre, d’où saisir l’opportunité, chaque fois qu’on fait de la créativité, de mettre un néophyte, un béotien, un candide, quelqu’un qui ne sait pas, pour qu’il adonne toute sa fraîcheur, pour qu’il donne toute sa beauté, sa liberté à la réflexion.
Dans le fond, mes chers amis, être créatif c’est se bousculer, c’est sortir du cadre, c’est inventer des rêves, c’est se constituer quelque chose qui n’existe pas. De temps en temps, l’homme, trop pris dans des rails, ne se donne pas les moyens de sortir du cadre, d’être différent, de changer de vision, de changer de regard. Eh bien, dans un monde perturbé, dans un monde de crise, dans un monde où justement les maux de l’âme l’emportent sur la richesse de l’être, il est beau que l’homme sorte du cadre de ses habitudes pour justement être créatif. Maintenant, c’est à vous. Je vous invite à vous bousculer. À bientôt et portez-vous bien.
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