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management: comment repérer une personnalité nuisible?
La personnalité difficile c’est clairement, c’est celle qui va entraver l’activité, pour l’essentiel, et puis, c’est aussi celle qui souvent va poser des difficultés dans son mode de relation aux autres. C’est celle qui ne va pas bien, en fait, elle ne va pas bien professionnellement, elle ne va pas bien personnellement et ces comportements sont récurrents. On peut la reconnaître aussi, il y a une chose tout à fait, toute simple, en fait, c’est que on ne sait pas par quel bout la prendre. On la reconnaît par le fait que c’est une personne, on a beau lui dire des choses, on a beau lui faire des tas de remarques, de toute façon, systématiquement, elle ne les prend pas en compte, elle ne va pas réguler son comportement. C’est un des propos clés du bouquin, on ne peut pas la changer, on ne peut pas les changer, et non seulement, on ne peut pas la changer et on ne peut pas les changer mais toute l’énergie qu’on va mettre justement à vouloir ou à tenter de les changer, en espérant qu’en modifiant les ressorts intimes et profonds, ben, du coup ça va permettre de résoudre le problème. Toute l’énergie qu’on met là-dedans, c’est de l’énergie qui vient en défaut, en déficit de l’énergie qui serait utilisée de manière efficace pour limiter les dégâts. On ne peut pas les transformer, ça c’est très clair. Ce qu’on peut faire, c’est en réduire l’impact, c’est... on peut quand même à minima les mettre au boulot, on peut quand même à minima les amener à un niveau le plus petit possible mais quand même qui va être sensible de conformation au système social, mais il y a mieux à faire. Le mieux à faire, c’est de ne pas… c’est de s’en débarrasser et il y a encore mieux à faire que de s’en débarrasser, c’est d’éviter de les recruter. Quand on parle de ces quatre degrés ou niveaux de nuisance, de quoi il s’agit ? En fait, il s’agit de mesurer à la fois le fonctionnement du nuisible et à la fois, l’impact que ça peut avoir sur le système. Au fond, on peut dire qu’il y a des comportements, il y a quatre niveaux de comportement qui ne sont pas de la même gravité pour le système social. Alors, le premier niveau qu’on ne va pas décrire effectivement comme un niveau de nuisance, c’est ce qu’on pourrait appeler « l’erreur ». L’erreur, c’est quoi ? Ben, c’est quand une personne ordinairement réalise ses tâches, fait ce qu’elle a à faire de manière correcte, conforme, homogène, satisfaisante. Et puis, d’un seul coup, ben, elle se prend les pieds dans le tapis et elle fait une erreur. Mais quelqu’un qui fait une erreur, on pourra dire que c’est quelqu’un qui finalement, c’est quelqu’un qui fait bien les choses parce que l’erreur est, par définition, anecdotique au regard de ce qu’on lui demande. Donc là, on ne peut pas considérer qu’on est dans la nuisance. Après, on va monter d’un cran. On va passer de l’erreur à la « négligence ». Alors, quelle est la différence entre les deux ? Ben, la différence entre les deux c’est que la négligence est une erreur qui se reproduit. Ça veut dire que la personne connaît les comportements avec les effets que ça peut avoir, les comportements négatifs ou inadaptés. Et puis, elle a beau les connaître, elle a beau connaître la situation, elle a beau en faire l’expérience, elle recommence. Il faut qu’on soit clair. C’est vrai que dans les entreprises, il y a une grande habitude à vouloir résoudre tous les problèmes de dysfonctionnement par de la communication. À notre avis, c’est une erreur. Je crois que si on ne met pas de sanction au bout, s’il n’arrive rien à la personne qui commet des négligences à répétition, on ne voit pas ce qui l’empêcherait de continuer. D’ailleurs, en général, les gens qui commettent des négligences, se justifient en disant que c’est de la faute à ceci, que c’est de la faute à cela. Ils ont toujours mille bonnes raisons circonstancielles du pourquoi ils ont fait les choses, et que cette fois-ci, évidemment, c’était pas pareil, alors qu’évidemment, c’est pareil. Après l’erreur et après la négligence, on passe à un niveau de gravité supérieur, qui est « la faute ». Alors c’est quoi la faute ? La faute c’est une personne qui va commettre un acte dont l’impact est négatif et qu’il le fait de manière délibérée, en toute connaissance de cause. On ne peut pas dire qu’elle le fasse exprès, on passera à l’étage au-dessus tout à l’heure, mais finalement, elle, ça l’arrange de faire autrement, pour des raisons tout à fait égoïstes. Elle sait que quand elle a cette conduite négative, ça va avoir un impact de toute façon sur le système et elle connaît le prix que le système va payer, mais elle s’en fout complètement, et elle continue à commettre son, j’ai envie de dire, commettre son impair, sans avoir plus d’état d’âme que ça. Et là, on peut parler de faute parce que la personne est d’une certaine manière, quand même, relativement volontaire, sinon lucide dans son comportement. Maintenant si la personne le fait exprès pour nuire au système, ça devient du sabotage. Non seulement elle est lucide sur les impacts de son comportement, mais elle va aller beaucoup plus loin. Elle va mettre en place ce comportement, uniquement pour affecter son environnement, le groupe, l’unité, l’entreprise, sa famille et elle va le faire exprès pour des raisons qui lui sont propres, pour régler des comptes ou parce qu’elle est mécontente ou parce qu’elle déteste ceci ou cela. En dehors de l’exclusion, il n’y pas de solution qui soit satisfaisante parce que maintenir quelqu’un qui est un saboteur à l’intérieur du système, d’abord c’est lui donner l’opportunité de recommencer, et puis, c’est une façon aussi d’entériner son comportement. Ça ne peut en aucun cas être une solution. Et je dis ça, ça peut paraître évident mais encore une fois, notre observation c’est que, nombre d’entreprises, tout à fait bizarrement, gardent leurs saboteurs, au nom... d’ailleurs souvent, quand on demande pourquoi, les explications sont relativement confuses mais ce qui est intéressant de constater d’ailleurs avec cette petite échelle de l’erreur au sabotage, c’est qu’il semble que plus les nuisibles sont nuisibles et plus on ait peur de les froisser d’une certaine façon. Et nous, on voit beaucoup de systèmes qui tentent à conserver leurs nuisibles, malgré les graves souffrances que ceux-ci ont pu y provoquer. Nous, quand on regarde l’argumentaire qu’il y a derrière et les ressorts qu’on peut deviner, la première raison d’abord qu’on y trouve c’est que souvent il y a une forme de confusion entre humanité, humanisme et... une certaine forme de lâcheté. Il faut être humain, on ne peut pas larguer les gens comme ça, on ne veut pas leur faire du mal, on ne veut pas leur faire bobo, on se sent responsable d’eux, l’entreprise est une grande famille. Enfin, il y a comme ça, tout un discours très affectif, voire affectueux, qui est emballé de tout un tas de bonnes intentions au nom de l’humanisme et au nom de l’humanité.
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