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parent: la lecture dès 3 ans!

On va montrer comment dès 3 ans, on peut commencer à apprendre à lire en respectant le fonctionnement naturel de l’enfant sans lui administrer une méthode quelle qu’elle soit pour qu’apprendre à lire pour lui soit toujours un plaisir, ne soit que du plaisir parce que pour moi c’est vraiment très important. La première chose à faire avec un enfant c’est de lui dire des histoires tous les jours parce que c’est là qu’il va apprendre le vocabulaire, les tournures, la syntaxe. Si on… Ça va l’aider énormément à apprendre à lire, à bien apprendre à lire. Souvent on prend une petite, une occasion, je dirais par exemple, votre enfant doit partir à la garderie avec son petit sac et…ben, il faut marquer le sac pour ne pas le perdre. Donc, on prend l’enfant à côté de soi et on dit : « Tiens, je vais marquer ton prénom sur le sac » et on lui montre qu’on écrive le prénom donc dans la journée éventuellement… On lui écrit son prénom sur une étiquette et on lui donne et peut-être qu’un jour ou deux après : « Tu veux que je t’écrive ‘maman’ aussi ? Tu vois là, tu as eu Marie, je t’écris ‘maman’ ». Voilà c’est tout simple.
    Pour le début de l’apprentissage, on utilise les lettres script ou ce qu’on appelle le « bas-de-casse » parce qu’elle a des traits caractéristiques qui sont les hampes et les jambages, les accents, le trait d’union sur Jean-Marie, le tréma sur Noël. L’enfant s’y retrouve beaucoup mieux que dans les lettres majuscules qui sont toutes écrites entre deux, entre deux lignes.
    Au début il va peut-être se tromper entre « maman », « mamie ». C’est tout à fait normal et ce n’est pas, ce n’est pas gênant, déjà qu’il a remarqué une similitude. Donc il sera obligé spontanément de prendre un autre repère. Donc, par exemple, ce sera sans doute le point sur le « i ». Quand l’enfant a vu une similitude, par exemple, au début des mots « maman » « mamie » on va lui… par exemple, un jour qu’il est de bonne humeur on va lui proposer de sortir tous les mots qui commencent pareil et donc… on va poser « maman », « mer », « miel », « moto ».  Il va voir que c’est la même lettre. On va dire avec lui les mots et puis on va insister sur le « m », on dit : « Qu’est-ce qu’on fait avec la bouche pour dire ‘maman’ ? ». Alors on va faire « Mmmm » pour rigoler …et puis on dit : « Bravo, voilà ». Ça c’est la lettre qui fait « Mmmm » et on peut même lui donner la lettre et puis on le félicite de connaître la lettre qui fait « Mmmm » comme « maman », « miel », « moto ».
    De cette manière il va véritablement comprendre qu’une lettre fait un bruit et pas seulement l’apprendre par cœur comme dans une méthode et je crois que c’est… ça c’est très important qu’il comprenne petit à petit que les lettres font un bruit. Il va l’apprendre avec le « m », après il l’apprendra avec toutes les lettres, mais il suffit qu’il comprenne avec trois lettres pour qu’il comprenne le système, le système de la correspondance entre les lettres écrites et les sons qu’elles produisent.
    Dès qu’il connaît quelques mots… il se rend compte qu’on peut tout écrire et va vous en demander à plusieurs occasions… on va à la piscine, on va…et c’est lui qui en demande. Ce qui est amusant aussi, intéressant, c’est qu’il considère les mots vraiment comme des choses. Par exemple, le mot « gâteau » il va le mettre dans la boîte à gâteau… il va mettre le gâteau dans le four, il va lécher le mot « sucette », je l’ai vu, il va porter le téléphone à l’oreille,  c’est vraiment la chose.
    L’important est que ces mots qu’on lui donne et ces mots qu’il demande le concerne, l’intéresse. Ce sont uniquement ces mots-là qu’il va, qu’il va retenir et il n’y a pas de sens à lui donner quelque chose qui ne l’intéresse pas. D’ailleurs, il ne va même pas, il ne va pas les mémoriser.
    Dès qu’il a quelques mots qu’il aime… des prénoms, des choses, on peut lui proposer une première phrase et pour faire une première phrase il faut déjà un verbe. Donc, un verbe facile à utiliser c’est le verbe « aime ».
    Par exemple, on va poser « maman aime Rémi », éventuellement on va jouer après à échanger « Rémi aime maman » et ça, ça lui fait vraiment très plaisir.
    Quand l’enfant a pas mal de mots, on va les classer et on va les lui écrire plus petit dans un répertoire, un simple répertoire alphabétique qu’on va lui confectionner, il va coller les mots lui-même éventuellement s’il en est capable.
    Quand on a fait des phrases avec les étiquettes, il est ravi et quelquefois il tourne autour, il est très content mais ce sont des phrases qui sont perdues, on ne les a pas. Donc, on peut tout à fait les recopier et les mettre dans un cahier.
    J’utilise la page en position paysage au début parce que ça permet à l’enfant de mieux voir la progression gauche, droite de l’écriture. Quand l’enfant connaît bien ces mots on peut l’écrire plus petit et on peut écrire aussi sur tous les supports. D’ailleurs quand, au tout début quand ils comprennent qu’on peut écrire les mots partout, ils vont vous chercher un bout de papier n’importe où et ils demandent d’écrire.
    Quand l’enfant a eu quelques mots, ce qui est amusant c’est qu’il s’intéresse à ce qui est écrit dans l’environnement.
    Il va spontanément rechercher des mots qu’il connaît dans son environnement ou des lettres qu’il connaît. Il va reconnaître certaines choses, par exemple un enfant était sur l’autoroute et voit le « p » de « parking » et il a dit à sa maman : « Tiens, maman, on peut faire pipi là ». Dans un supermarché assis dans son caddie, il va voir par exemple « peinture », un pot de peinture et il vous dit : « Voiture ». Il a vu la correspondance entre « peinture » et « voiture » et ça, c’est vraiment, c’est bien, c’est la preuve qu’il cherche toujours à comprendre ce qui se passe et là, ça va nous donner l’idée de faire des maisons.
    Une maison pour nous, c’est une maison dans laquelle les sons et l’écrit correspond par exemple dans… « on » c’est facile, on va rassembler tous les mots qui finissent par « on ». Dans la maison en « eau » on mettra que les mots qui finissent par « eau », on ne mettra pas « jaune » ou « landau ». Il faut bien que l’écrit corresponde toujours à l’oral.
    On peut très bien utiliser ces capacités pour, par exemple, écrire une petite lettre et je dirais, il est en vacances chez sa mamie et on va lui proposer d’écrire une lettre. Donc on va écrire les mots sur des étiquettes autocollantes et on va lui proposer de les coller. Évidemment (on se dit) on va écrire à papa et à maman, c’est lui qui prélève les mots et puis on finit par les bisous… « gros bisous » il connaît « gros bisous » et puis « Marie ». Il est content parce qu’il va plier lui-même la lettre, on va écrire l’enveloppe et puis on va l’emmener à la Poste et puis le lendemain ou le surlendemain sa maman va l’appeler pour dire qu’elle a bien reçu sa lettre. Alors il est tout fier et en rentrant à la maison il la trouvera d’ailleurs.
    Eventuellement pour lui faire plaisir aussi, on écrit des petits livrets qui le concerne, par exemple ici j’ai Léa à la garderie ou un livre sur les vacances, un livre sur la journée d’un enfant, enfin tout ce qu’on peut imaginer qui va intéresser l’enfant. Pour que ce soit plus agréable on met des photos sur la page de gauche ou en dessous, on met des photos qui concernent le sujet et puis parce que c’est agréable, mais ce sont des petits livres que les enfants feuillettent et gardent très longtemps et plus tard ils se mettent à les déchiffrer vraiment. Dans ce livre il y a un mot le « ludothécaire » on en a parlé et puis l’enfant sait à quoi ça correspond. D’ailleurs, l’enfant adore les mots nouveaux s’ils sont donnés au bon moment.
     Ensuite quand on a plusieurs mots qui commencent par consonne plus « a », on va les couper et on va demander à l’enfant de les reconstituer. Ça préfigure l’association consonne, consonne, voyelle. On va lui demander de montrer « va », par exemple, ou « ma » ou « sa ». Il est tout à fait capable de le faire parce qu’il connaît absolument le « a », il connaît depuis longtemps et puis les consonnes aussi il les connaît.
    Quand l’enfant a coupé des mots en syllabe, par exemple, « sapin », « maman », « papa », on va lui proposer avec des lettres qu’il connaît de former certaines syllabes. Par exemple, on va lui demander de faire « si ». C’est très étonnant mais il est capable de le faire parce qu’on en a coupé en syllabe avant. Donc il est capable de les assembler comme il faut et un peu plus tard il saura même les identifier c’est-à-dire les lire « sa », « sé », « si », « su ». Là il a compris le b.a.-ba… il est très, très bien parti.
    Lorsqu’il a compris le système de fusion consonne voyelle, tout peut aller très vite. Certains enfants vont carrément se reposer sur leurs lauriers et parce qu’ils ont compris, ils sont contents et d’autres vont vouloir lire et continuer à lire. Donc on va leur donner des petits livres et puis ça va aller, ça va aller très vite.
    Pour les autres, très satisfaits d’avoir compris le système, ben, tout simplement ils apprendront à lire en arrivant au CP et à la Toussaint ils sauront lire.
 

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