
Dans le développement de l’enfant, je vais être assez rapide, entre 0 et 2 ans, un enfant n’a qu’une maman, il n’a pas deux mères. En deux mots, la maman c’est celle qui donne, qui gratifie, qui comble, qui câline, qui répond à tous les désirs et à toutes les demandes « Maman j’ai faim et maman arrive, maman je suis mouillé et maman arrive et me change, je vais être pris dans les bras et je… maman me prend ». Ça c’est ce qui va développer chez chacun d’entre nous ce que j’appelle l’ITPI. ITPI : Illusion de la toute-puissance infantile. Nous l’avons eu, tous eu. Tous nous avons vécu entre 0 et 3 ans globalement dans notre culture, dans une utopie globale, l’illusion que le monde tournait autour de notre nombril, voilà, que le monde était à notre service et cela quel que soit le milieu. Même si j’avais « une mauvaise maman » il y avait toujours une grand-mère, une voisine, une sœur aînée…etc., qui prenaient le relais et qui rentraient dans mes désirs.
Et puis j’appelle ça le sevrage relationnel, le passage de la maman à la mère, c'est-à-dire ce que Tonton Freud appelait le principe de réalité, découvrir, eh bien, que j’appelle maman, elle ne vient pas parce qu’elle est occupée par son mari, mon père, par mon frère ou parce qu’elle a repris le travail…etc. Bref, je découvre douloureusement que mes désirs ne sont pas tout puissants sauf que chez certaines personnes, chez certains ex-enfants, cette ITPI est toujours dominante et toujours présente. C’est d’ailleurs pour moi, une idée dynamique du violeur, c'est-à-dire cette illusion de la toute-puissance infantile que l’autre doit entrer dans mon désir, je ne m’occupe pas du désir de l’autre, j’ai envie de faire l’amour, j’ai un désir sexuel, je me jette sur lui et je le réalise. Donc, cette survivance de l’ITPI, petit clin d’œil à la politique d’aujourd’hui, dont certains hommes politiques et certains présidents, peut-être a encore des séquelles et ça, ça va être grave parce que plus on monte dans la hiérarchie sociale ou politique, moins il y a de contre-pouvoir et donc plus la survivance de l’illusion de la toute-puissance infantile resurgit.
