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nutrition: les troubles du comportement alimentaire

 

Repérer les troubles du comportement alimentaire… bien entendu pour les soigner, pour les prendre en charge.  Alors avant tout qu’est-ce que c’est qu’un trouble du comportement alimentaire ?  Il y a plusieurs catégories dont je vais vous parler, certain en pleine expansion, notamment les boulimies.
La boulimie est le fait de manger des grandes quantités d’aliments en un temps très court, très bref avec un sentiment d’échappement.  C’est-à-dire que la personne ne peut pas s’arrêter de manger alors qu’elle sait qu’elle se nuit et qu’elle va le regretter.  C’est donc une pulsion alimentaire qui vous force à faire quelque chose que vous ne voulez pas faire.  Alors on retrouve cette notion de pulsion dans différentes maladies notamment.  Quand on parle de troubles du comportement alimentaire, la boulimie nous vient en tête en première intention puisqu’elle représente à peu près 3 % de la population, majoritairement des femmes.  Des femmes qui n’osent pas parler de leurs maladies, qui n’osent pas dire qu’elles ont des boulimies.  Elles en ont honte.  Il a été montré qu’un temps de latence de trois ans est la moyenne avant que la jeune femme ose parler et ose venir demander de l’aide au médecin ou au thérapeute pour son trouble du comportement alimentaire et notamment pour sa boulimie.  Trois ans de souffrance psychique qu’on aurait pu probablement éviter si on avait pris les troubles à temps.
Un autre trouble du comportement alimentaire gravissime et heureusement moins fréquent, l’anorexie.  L’anorexie qui est une maladie mortelle qui atteint les jeunes femmes, qui est une maladie psychiatrique, qui est une maladie inhérente à un désordre psychologique profond.  Il va falloir là aussi prendre en charge le plus vite possible avant justement que ça ne devienne une maladie chronique.
Enfin, un autre trouble du comportement alimentaire qui est peut-être moins présent dans la tête des gens mais qui peut représenter un vrai problème c’est ce qu’on appelle le grignotage compulsif.  Ce sont des gens qui grignotent toute la journée et ils ont sans cesse à portée de main un aliment dans leurs sacs, sur leurs bureaux, dans leurs poches.  Et ils ont une peur panique de ne pas avoir d’aliments à portée de main justement.  Et c’est en ça que c’est un trouble du comportement. C’est-à-dire qu’il est tout a fait anormal de manger et en tout cas d’avoir peur de ne pas avoir à manger alors que l’humain est fait régulièrement pour consommer de l’alimentation tous les 5 à 6 heures.
Voilà les grands troubles du comportement alimentaire qu’on peut énoncer aujourd’hui, il en existe d’autres.  Mais ces trois-là sont prioritaires.  Je voudrais vous parler principalement des boulimies puisque ce sont des jeunes filles souvent jolies probablement plus jolies que la moyenne, plus intelligentes que la moyenne, dans des familles assez favorisées et qui pourtant vont développer ce trouble et culpabiliser énormément autour de leurs maladies.
Alors comment cela apparaît ? Souvent par un régime.  Ce sont des jeunes filles qui sont éventuellement un peu rondes, en réalité ou dans leurs têtes.  Elles se trouvent éventuellement un peu rondes.  Quoi qu’il en soit il faut entendre cette souffrance déjà qui veut dire « Je ne suis pas bien dans mon corps ».  Et puis évidemment on intervient sur la diététique pour savoir s’il y a des aliments interdits, pour savoir s’il y a déjà des vomissements puisque beaucoup de boulimies sont associées à des vomissements.  La personne mange en excès puis se fait vomir ou bien éventuellement jeûne pendant 12, 24, 48 heures après la crise de boulimie, éventuellement le problème des laxatifs ou des vomitifs.
Vous voyez qu’il y a des façons de gommer soi-disant la crise de boulimie et malheureusement ces façons vont entraîner un réflexe qui va à nouveau déclencher une crise.  C’est pour ça qu’il faut très vite rompre ce rythme du vomissement et expliquer comment physiologiquement il intervient sur l’organisme, comment ce vomissement va faire perdre du potassium et va donc pousser l’organisme à réclamer à nouveau de la nourriture puisque l’organisme n’est pas capable de dire « J’ai besoin de potassium ou j’ai besoin de sucre ».  Il va globalement vous envoyer un message de faim.
Donc la prise en charge de toutes ces boulimies, c’est avant tout une écoute.  Accepter d’écouter quelqu’un qui vient raconter une souffrance réelle, toujours réelle d’aliments qui lui font peur, d’aliments qu’elle n’ose plus manger, de repas qu’elle n’ose plus prendre en famille, de vomissement qui la retranche de sa famille.  Et puis évidemment investiguer également sur d’autres troubles associés, des troubles du sommeil, des tics, des TOC, choses qui rendraient vraiment la vie encore plus difficile.
Quoi qu’il en soit ces troubles du comportement alimentaire doivent être pris en charge en général par deux praticiens compétents.  Quelqu’un qui s’occupera du corps et quelqu’un qui s’occupera plutôt de la tête, puis qu’il faut réunir chez ces jeunes femmes la tête et le corps qui malheureusement ont été coupés l’un de l’autre.  Les sensations, les émotions ne sont plus ressenties par cette personne qui n’aime pas son corps et qui va faire souffrir son corps.
Le clinicien, la personne qui va prendre en compte le corps, va reposer les bonnes bases alimentaires, va faire une exploration au niveau du sang pour savoir s’il manque des protéines, pour savoir s’il manque du fer, expliquer comment l’organisme fonctionne.  C’est très important d’expliquer.  Et puis la deuxième personne, le deuxième praticien qui sera plutôt psychologue ou psychiatre, va au fur et à mesure investiguer sur l’anxiété… pourquoi pas la dépression, sur l’image de soit, sur l’image du corps, sur les liens aux autres, tout ce qui va pouvoir permettre à cette jeune femme… puisqu’il s’agit souvent et plus souvent de femmes que de garçons, filles que de garçons… qui va permettre à cette personne de faire un lien entre ces émotions qu’elle perçoit mal et qu’elle déplace sur la nourriture et sur la hantise du corps gros, donc le rapport entre ses émotions et son corps.  Voilà le travail qu’on va faire chez une boulimie. Bien sûr c’est un travail long, bien sûr ça va demander des mois pour se sortir de cette maladie. Mais plus nous arriverons à prendre tôt la boulimie, plus nous avons des chances de la guérir vite et sans séquelles.
 

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