
On pourrait définir l’adultère comme la rupture du contrat implicite que deux partenaires sexuels établissent entre eux d’une fidélité et d’une exclusivité de cette relation, c’est-à-dire l’adultère c’est quand l’un des deux partenaires va avoir une relation sexuelle avec un tiers, cette relation sexuelle étant évidemment patente c’est-à-dire que je mets de côté le fait qu’éventuellement on puisse être amoureux de quelqu’un d’autre sans passer à l’acte. Donc l’adultère c’est pour moi… commence avec une relation physique sexuelle de l’un des deux partenaires avec un tiers.
Cet adultère c’est… ça ne date pas d’aujourd’hui. De fait, l’adultère a une histoire. L’adultère a une histoire dans la mesure où si on reprend l’histoire de… enfin si on reprend, on remonte dans l’histoire de l’espèce, les individus, l’espèce a huit millions d’années d’âge, les individus avaient des relations sexuelles qui n’avaient strictement aucune espèce de sens ou qui n’avaient aucune espèce de but. C’était l’acte pour l’acte quand il survenait. Pendant très, très, très longtemps sinon, je dirais, à l’échelle de l’humanité, de l’histoire de l’humanité pendant le plus clair du temps. Les hommes n’ont pas su comment se faisaient les enfants. Il s’avérait simplement que des femmes mettaient au monde des enfants et puis des hommes on ne savait pas ce qu’ils faisaient dans l’histoire. C’est seulement il y a très peu de temps qu’on a commencé à se poser des questions. Or, justement cette humanité quasi animale s’est trouvée devant un problème extrêmement important dans la mesure où les hommes qui cherchaient à copuler avec des femmes trouvaient souvent devant eux d’autres hommes qui avaient le même but et souvent pour pouvoir éventuellement opérer un acte sexuel il fallait mettre sa vie en jeu.
Un jour ces hommes se sont réunis et ont décidé de mettre fin à ce type de danger et ont décidé de procéder à un échange de femmes entre groupes. C’est-à-dire dans un groupe, les femmes de ce groupe n’appartenaient pas aux hommes de ce groupe mais étaient données aux hommes d’un autre groupe qui en contrepartie donnaient ses propres femmes. Cet échange de femmes entre hommes a été mis en place dans une période qui est certainement assez récente dans l’histoire de l’humanité sans qu’elle puisse être datable mais elle a mis en place la loi de l’espèce qui est connue sous le nom de « la loi de l’interdit de l’inceste ». Eh bien, cette loi de l’interdit de l’inceste a fait que les hommes ont apparié des hommes à des femmes et ont surveillé cet appariement de façon extrêmement attentive de manière à ce que les hommes se contentent de la femme qui leurs étaient donnée sans qu’à aucune espèce de moment ils n’aillent chercher ailleurs.
Évidemment la tentation de l’adultère n’a jamais été éradiquée. *** que lorsqu’on voit les systèmes légaux on se rend compte que bien avant la mise en place des commandements du monothéisme dans le code d’Hammourabi qui date de 3500 ans avant Jésus-Christ, déjà, il est fait mention de l’interdit d’adultère et des dispositifs légaux qui sont là pour le punir. Quand le monothéisme survient sous la forme des dix commandements hébraïques on a un commandement entier qui est consacré à l’adultère qui est le 7ème commandement lequel intervient après le 6ème qui est l’interdit du meurtre et avant le 8ème qui est l’interdit du vol. On peut presque dire qu’à ce moment là l’adultère est une manière de dire que la production de l’adultère c’est quelque chose qui est intermédiaire entre le meurtre de l’autre et le vol de la propriété de l’autre. Et cet interdit a donc été mis en place et a été repris par l’ensemble des sociétés ultérieures jusqu’à nos jours.
Il faut rappeler qu’il y a ne serait-ce que quelques décennies c’est-à-dire peut-être 50 à 60 ans les procès de divorce prenaient en compte l’adultère et condamnaient l’individu adultérin par rapport à l’autre qui était victime.
Aujourd’hui, le mot même d’adultère devient obsolète. Il n’a strictement aucune espèce de sens dans la mesure où on estime que la liberté sexuelle d’un individu n’est absolument pas du tout (abridée) et qu’il n’a à rendre compte à personne. Il n’en reste pas moins que, le constat qu’on peut faire à l’intérieur de la pédiatrie, on peut le voir aussi du côté simplement de la façon dont les êtres s’entendent entre eux toute atteinte à cette fidélité à l’intérieur du couple est toujours extrêmement mal vécue par l’autre. C’est-à-dire que l’on a beau être d’un esprit extrêmement libéral il y a une frange extrêmement étroite de la population qui accepte qu’éventuellement son partenaire puisse aller voir ailleurs. Ça fait toujours très mal y compris d’ailleurs dans les couples homosexuels un peu comme si l’essence même du couple c’est quelque chose d’une relation exclusive extrêmement intense et ça pose question de savoir pourquoi justement cette relation est si intense et à quoi elle renvoie.
C’est ce que ça renvoie à une trace laissée en soi par un temps très lointain au moment précis où l’être humain dans la relation à sa mère se met à penser le monde et ça explique donc pourquoi le pédiatre que je suis a pu s’intéresser à ce phénomène.
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