
Pendant cette période, la sexualité des femmes est bouleversée parce que encore une fois, elles ont l’impression qu’elles ont peur, du moins elles ont peur de plus plaire. Bon, la pilosité change, on a cette image de mamie nova stéréotypée, quoi, elles se disent…comme dit Rufo avec son accent inimitable, je ne sais plus comment il dit l’expression, mot à mot il dit la femme moustachue, inconsommable, enfin il dit ça avec humour quand il parle de ce sujet mais c’est vrai, elles ont peur de plus plaire et évidemment c’est tabou parce que dans la société il faut être lisse, belle et on sait très bien qu’on prend de l’embonpoint de la ménopause, on n’a plus la même silhouette, le sexe… change dans sa consistance intime et ça on ne prépare pas assez les femmes à ça et d’ailleurs c’est ça le… la transmission mère-fille qui est importante. C’est que les mamans puissent préparer leurs filles plus tard, vous savez on met toutes de la crème au contour de la bouche, au contour des yeux surtout à partir de 50 ans, il faut oser démystifier cet endroit intime et se mettre de la crème, où ça me direz-vous ? Ben oui, sur le zizi.
Alors oh là, là une psychanalyste qui … franchement ouvrir Internet pour entendre une psychanalyste qui va vous conseiller de se mettre de la crème sur le zizi, on n’a vraiment pas l’impression qu’elle remplit son rôle. Si ! Pourquoi ? Parce que se mettre de la crème ce n’est pas que symptomatiquement se mettre de la crème outre que ça assouplit la muqueuse, c’est être une bonne mère pour soi, ça renvoie au soin maternel et c’est aussi se redessiner des contours et se retisser un mois pour trouer parce que la ménopause c’est vrai que c’est une résurgence de l’oedipe, une plongée dans l’archaïque, autrement dit comme à l’adolescence, comme quand on devient maman, quand on est en crise de la maturescence ou de la ménopause, on est de nouveau avec un rendez-vous intime avec les mères du passé, aussi bien la mère de l’adolescence c’est-à-dire devant une … mère, mère merveilleuse, inégalable ou une mère poison envahissante c’est-à-dire que faire mieux que notre mère auront fait mieux aujourd’hui quand même, nos mères en ménopause, elles étaient moins vaillantes que nous, moins, elles avaient moins de moyens pour être belles et jeunes. Aujourd’hui on est vieux plus tard, si j’ose dire, donc tout l’enjeu ça va être de s’autoriser à faire différemment. Or, là l’enjeu c’est vieillir différemment. Or, vieillir mieux que notre mère à un certain niveau inconscient c’est la détrôner, c’est la désidéaliser et vieillir moins bien, c’est de ne pas être à la hauteur de ce qu’elle nous a transmis. Donc, ça travaille au niveau oedipien et ça travaille au niveau de tout ce qui transitait dans les tout début de la vie quand notre mère nous portait dans ses bras et qu’elle nous transmettait, à son insu, l’histoire des générations car le tout petit bébé sent les vibrations, sent le corps de la voix, le son de la voix, une petite histoire, une petite musique de nuit qui transite au-delà de ce qu’on lui dit dans la petite musique de jour et il encrypte dans sa mémoire du corps toute une… tous les traumas anciens qui n’ont été élaborés chez ses parents et chez les grands-parents. Et ces traumas anciens, cette petite histoire, elle se réveille ensuite dans les périodes choc de la vie, dans l’après coup de la vie c’est pour ça que j’ai travaillé sur des crises existentielles et que je retrouve cette notion de recherche que je vous disais tout à l’heure en DESS, dans le traumatisme de la maternalité, c’est justement cette petite histoire qui va se développer comme une pellicule qu’on développe chez un photographe et où on voit les traces généalogiques qui parfois sont restées muet pendant des années et qui tout d’un coup remontent à la surface.
Quand on devient maman, quand on, quand on est en naissance de femme d’abord, quand on devient maman ou quand on est en ménopause cette mémoire du corps est sollicitée puisqu’on est en pleine mutation intérieure. Notre corps change comme à l’adolescence, comme quand on attendait une maman, les seins changent, on sait très bien que leur consistance n’est pas les mêmes pour une femme en ménopause. Parfois ils sont durs, gonflés avec trop d’œstrogènes, parfois moins, c’est important de se remettre des petites crèmes, c’est important de trouver le bon gynécologue, d’avoir le bon interlocuteur qui va savoir si on peut prendre un traitement hormonal substitutif ou pas ou de l’homéopathie ou les deux parfois et c’est important d’avoir dans sa trousse de maquillage, aussi bien une petite goutte de traitement hormonal qu’on peut se remettre un petit peu de rouge à lèvres, on est encore des femmes. Ce n’est pas parce qu’on vacille et qu’on a l’impression que tout d’un coup on a pris quelques kilos qu’on est moins bien, je veux dire qu’on est moins belle et puis ce qui compte c’est de ne plus être dans l’image. Ça donne l’occasion aussi d’être belle pour soi à l’intérieur de soi. Ce qui est beau chez une femme de 50 ans ce n’est plus la même beauté, c’est sûr, c’est sûr c’est un deuil de soi, ce n’est plus la même beauté qu’une jeune femme… ce n’est plus une rose qui est en train de s’ouvrir qui serait ni en bouton comme à l’adolescence, ni à 30 ans c’est une femme épanouie ouverte elle a quelquefois, elle a quelques rides mais c’est ce qui est touchant, c’est ce qui fait qu’elle est craquante.
Et je crois que les hommes qui n’ont pas peur des femmes, aiment bien les femmes qui ont un certain vécu, qui nous sont renvoyés aujourd’hui par tout un tas de people qui sont bien avec leur âge, non pas qu’ils font pas leur âge. Je pense à Charlotte Rampling ce n’est pas qu’elle ne fait pas son âge, c’est qu’elle est si bien avec son âge. Je peux penser à Jane Birkin aussi… c’est qu’elle est, elles sont pleines, elles sont remplies, elles sont… on sent une histoire de vie qui est, qui est sur leur visage et c’est ça, c’est ces marques du temps, c’est ce qui me touche, en tout cas moi quand j’écoute une personne vivante ce n’est pas une personne lisse c’est le cas de le dire, c’est une personne qui n’est pas lisse dans son histoire. Il y a des aspérités, il y a du volume, il y a de la vie, un homme ou une femme d’ailleurs est intéressant à partir du moment où il a une beauté intérieure et quand cette beauté intérieure brille et la maturescence elle donne l’occasion qu’elle brille cette beauté intérieure et là on s’en moque qu’elle soit ménopausée ou non cette femme-là, elle est, elle est belle tout simplement et je dois dire que parmi les personnes que j’ai accompagné, ben évidemment j’ai vu des femmes qui souffraient mais qui était belle, pleine de vie, pleine d’émotion et elles la faisait passer.
