
C'est-à-dire, je suis notaire dans une petite ville de campagne… un petit village de campagne et pour moi la première des pauvretés c’est la solitude. Et je vois par mon métier, je vois des gens seuls et ça c’est épouvantable. C’est épouvantable, je vois des gens seuls. Alors, je les vois à quelle occasion ? Ben, parce que soit ils viennent me voir pour un problème de succession, problème de patrimonial, pour faire le testament, etc.
Et la solitude des personnes âgées, moi personnellement c’est quelque chose qui me bouleverse parce que ce sont des gens charmants, gentils et qui ont pas eu de chance. Ils ont été abandonnés par leurs enfants. Il y a eu un problème de succession, ils se sont disputés et ils voient plus personnes. Ils ont plus que leur chien, leur chat qui meurt, les voisins ont changé et on voit beaucoup de gens seuls. Ça pour moi la première des pauvretés c’est la pauvreté de la solitude et elle est, comment vous dire… moi je le vis très, très mal et d’un autre côté j’essaie par mon métier d’apporter dans cette solitude une certaine présence. Alors, c’est présence juridique, c’est aussi une présence amicale parce que c’est des gens que je connais aussi assez bien, c’est une présence humaine parce que j’essaie de les rencontrer de temps en temps, etc. voilà. Donc, pour moi la première des pauvretés que je vois en tant que notaire c’est la solitude et c’est vraiment une pauvreté extrêmement, extrêmement difficile.
Alors, il y a heureusement quelques fois dans les petites communes des services sociaux, il y a le facteur qui passe, il y a les repas à domicile, il y a des choses comme ça qui permettent quand même à ces gens qui sont très seuls d’avoir un minimum de vie sociale. Bon, mais c’est difficile.
La deuxième des pauvretés que je vois, c’est malheureusement la pauvreté financière. Alors, la pauvreté financière c’est le couple qui est en surendettement, c’est le chef d’entreprise qui dépose son bilan, qui fait faillite, qui a engagé ses biens personnels. C’est dans le cas d’un divorce, d’une séparation il y en a un des deux qui reste sur le tapis avec des charges auxquelles il n’arrive pas à faire face et ça… alors on a heureusement, je dirais et comme notaire, on a heureusement des instruments juridiques qui peuvent être aux services des pauvretés financières. On a des instruments juridiques qui peuvent prévoir les pauvretés financières et ça c’est assez intéressant parce que ça me permet lorsque je vois des gens de leur dire : « Attention. » Il peut avoir dans la vie lorsque je vois des jeunes qui me disent : « On ne fait pas de contrat de mariage ou on fait un contrat de mariage. » Je leur dis : « Attention. Il y a des accidents de la vie qui peuvent engendrer chez vous une pauvreté financière. » Et on a des instruments juridiques qui peuvent permettre de parer cette pauvreté financière. Quand on a le chef d’entreprise, on a le même réflexe. Quand on a un couple qui divorce, on a le même réflexe. Lorsqu’on a des gens qui empruntent pour leur habitation principale, j’ai également le même réflexe. Donc, moi j’ai un réflexe comme notaire j’essaie de prévoir la pauvreté financière future qui peut ne jamais arriver mais qui peut arriver dans 5 ans, dans 10 ans ou dans 40 ans. Et là, si j’ai bien fait mon métier de notaire, je pense que j’ai participé à limiter les effets de cette pauvreté financière mais c’est quelque chose qui est dramatique, c’est épouvantable. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de gens qui peuvent se retrouver pauvres en quelques mois.
Je peux vous dire encore un mot du… d’une autre pauvreté qui… que… mais qui… que je porte énormément par mon métier c’est la pauvreté du handicap. Alors là, la pauvreté et la richesse du handicap toujours… comme je disais tout à l’heure il y a pauvreté et solidarité. Et bien, aujourd’hui lorsque… lorsqu’on a dans une famille un problème de handicap pour un enfant, pour un frère, pour une sœur, pour un parent, on a aujourd’hui tous les instruments juridiques… c’est tout nouveau, c’est des nouvelles lois qui sont applicables depuis 1962… depuis 2007, pardon excusez moi. On a des instruments juridiques qui nous permettent de mettre en place toute une solidarité, tout un système juridique au profit des personnes qui ont une pauvreté liée à leur handicap, voilà. Alors, je peux prendre un exemple. On a, je dirais, des donations, des systèmes de donation qui permettent d’avantager un enfant handicapé par rapport à la fratrie. On peut donner plus de revenue à l’un que l’autre, enfin bref, voilà.
Donc, aujourd’hui le message que je voudrais dire c’est que on a des pauvretés mais à côté de ces pauvretés, il y a des systèmes de solidarité. Et moi comme notaire je mets en place ces solidarités sur le plan juridique et ça, ça c’est extraordinaire. C’est… quand on voit la famille qui sort… alors, on a réfléchi pendant 3 mois, pendant 6 mois, pendant un an et puis ça il y en a trouvé une solution et cette solution on la met en musique sur le plan juridique. Ça c’est génial et vraiment c’est un métier formidable.
Alors, par contre un élément positif la solidarité familiale. Là, effectivement à côté des pauvretés il y a la solidarité. Vous voyez, on dit effectivement : « Le nombre de pauvre augmente dans notre pays. » C’est vrai il y a des travailleurs pauvres, il y a des retraités pauvres, il y a des chômeurs pauvres, il y a des exclus de la vie pauvres, etc. mais à côté de ça, je crois qu’on n’a jamais eu autant de solidarités. La pauvreté engendre la solidarité. Alors, il y a la solidarité médiatique qui est celle des associations, celle des collectivités territoriales, celle des formations, celle des ONGs, celle des etc. Bon, ça c’est la… c’est la solidarité… c’est le monde de la solidarité médiatique. On en parle, etc. il y a des actions, il y a la télévision ou celle… simplement dans la commune etc. Puis, à côté de ça il y a la solidarité familiale et qui est, je peux vous le dire et moi je le vois pendant mon métier, il n’y a pas de semaines sans que j’aie à mettre en place sur le plan juridique un système de solidarité familiale. Ça va être une donation, ça va être un cautionnement, ça va être un prêt, ça va être de transferts d’argent, des transferts de fond, un ‘use it free’, une donation. Bref enfin, j’ai… on a aujourd’hui des instruments juridiques de solidarité familiale.
