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psy: l'aide de la philosophie
Après avoir été scientifique et été un an au chômage, quand je suis venu romancier, j’ai, tout d’un coup, vu, dans des dédicaces, des gens qui me remerciaient, qui me disaient, « J’ai perdu le goût de lire, et je l’ai retrouvé grâce à vous. » Et je me suis dis, « Ah ! J’ai fait quelque chose qui a du sens, et qui à l’air de rendre les autres heureux. » Donc, c’est les autres qui m’ont confirmé, qui m’ont dit, « Continue. » Et plus le temps passe, maintenant, ça fait 17 ans que je suis romancier, j’ai écris 14 romans, plus je me dis, « Attends ! Ça a l’air, tous les signes le confirment que, c’est sur ce chemin que je suis bien. » Maintenant, je vais continuer à explorer autre chose, comme j’ai fais du cinéma ou du théâtre, pour voir s’il y a d’autres choses mais, hier, j’ai fait une dédicace au Salon du Livre. Quand je vois cette queue de gens qui attendent, parfois, depuis 3-4 heures, je me dis, « C’est le sens de mon activité, le sens de mon travail, » et, c’est aussi pour ça que je suis là, c’est pour les voir dans les yeux, pour sentir cette confirmation, « Tu es dans le bon rail, continue. » Je ne sais pas ce qui ressemble, des fois, il y en a qui me disent, « Vous savez, j’étais en dépression et, grâce à vos livres, je m’en suis sorti. » Je leurs dis, « Non, c’est pas grâce à mes livres, c’est vous qui avez utilisé mon livre pour trouver un support pour vous en sortir vous-même. Donc, ne me dites pas merci à moi, dites-vous merci à vous-mêmes. » Il ne faut pas non plus, faire plus que la chanson. Quand j’écris, c’est pour donner envie aux gens de faire le chemin, mais c’est eux qui font le chemin. Les images qui vont apparaîtrent dans leur imaginaire, c’est eux qui mettent leurs formes, c’est eux qui donnent les couleurs, c’est eux qui font les visages. C’est le pouvoir du livre, c’est quand vous dites, « Il découvrit un paysage extraordinaire, » c’est les gens qui se font un paysage extraordinaire, j’ai juste dit le mot. Alors, « Il vit un arbre dont le tronc était une véritable sculpture, » c’est eux qui vont se faire la sculpture. Et c’est ça le pouvoir du livre, et c’est en ça que le livre est plus puissant que le cinéma parce que, le cinéma est obligé de vous montrer « le paysage extraordinaire » donc, les gens disent, « Ah ouais, c’est ça le paysage extraordinaire, » et c’est forcément en dessous de leur imaginaire. Et, ils vont imaginer l’arbre sculpté, ils vont le voir et dès qu’on le voit, en fait, on rétrécit le champ de conscience. En fait, je me pose des questions : est-ce que je suis généreux ? Est-ce que je suis mieux ? Est-ce que, ce que je fais est bien ? Je fais les choses. Je ne pense pas que l’abeille qui a fait du miel, elle ne se dit pas, « Est-ce que je fait du bon miel ? Est-ce que mon miel est digne de mon activité ? » Elle fait du miel. Quand un cheval galope, il galope. Moi, quand j’écris, j’écris. Maintenant, que les autres me disent, « Ça nous fait du bien, » c’est une info que je note quelque part. Mais, à la limite, si j’étais seul sur une île déserte, je continuerais d’écrire, même sans le regard des autres, et ça, me semblerait... un acte, le plus joli terme que j’ai, c’est, « naturel ». Quand j’écris, c’est naturel. Je ne crois pas que je sois un être bon ou lumineux, je suis un type qui fait naturellement, quelque chose qui fait du bien aux autres. Donc, je continue et j’espère que, je ne me trompe pas.
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