Roland Dumas est avocat et homme politique français. Il fut ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986, puis ministre des Affaires étrangères de 1988 à 1993. Il fût ami et confident de François Mitterrand.
Interview de Trixie de Geffrier.
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Biographie
Roland Dumas est le fils de Georges Dumas, fonctionnaire des impôts détaché à la mairie de Limoges pour gérer les régies des services publics dont ceux des Pompes Funèbres.
Membre du Parti socialiste clandestin et de l'Armée secrète, Georges Dumas a été dénoncé à la Gestapo, puis fusillé fin mars 1944 à Brantôme (Dordogne). Roland, alors âgé de 22 ans, faisait ses études de droit à Lyon, en compagnie d'un de ses condisciples au lycée Gay-Lussac à Limoges, nommé Joachim Felberbaum, d'origine autrichienne et réfugié chez les Dumas après l’Anschluss en 1939.
Entre le 19 mai et le 31 mai 1942, Roland Dumas a fait l'objet d'un internement administratif pour motif politique au Fort Barraux. Il s'en évadera, avec quelques camarades, la veille de sa remise en liberté.
Roland Dumas rejoint la Franc-maçonnerie juste après la guerre, à l'âge de 26 ans. Il est élu député UDSR de la Haute-Vienne en 1956. Il fut député FGDS de Corrèze de mars 1967 à juin 1968. Pour finir il est élu député socialiste de Dordogne de juin 1981, mars 1986 et juin 1988.
Étant ministre pendant cette période, il ne siégea que de juin 1981 à janvier 1984, puis de mars 1986 à mai 1988. En mars 1993 il est emporté par la vague bleue.
Au cours de l'année 1983, il est l'émissaire spécial de François Mitterrand auprès du colonel Kadhafi. Il tente de dissuader la Libye d'envahir le Tchad via une rébellion nord tchadienne, ce qui aurait forcé la France à intervenir pour maintenir le régime en place. Kadhafi lui promet de ne pas pénétrer au sud du 15e parallèle. Le Tchad est ainsi provisoirement coupé en deux mais le régime de Ndjamena est maintenu.
En décembre 1983, il est nommé ministre des Affaires européennes puis en plus porte-parole du gouvernement (en juin 1984). En septembre 1984, il est ministre des Relations extérieures du gouvernement de Laurent Fabius. Président de la Commission Affaires étrangères pendant la cohabitation, il retrouve le Quai d’Orsay après la seconde victoire de François Mitterrand en 1988, jusqu'en 1993 avec le portefeuille de ministre des Affaires étrangères.
En 1995, il est nommé par François Mitterrand, Président du Conseil constitutionnel. Sous sa présidence, le Conseil constitutionnel a rendu un avis affirmant que l'immunité judiciaire du Président de la République s'imposait y compris pour les crimes et délits de droit commun. Cet avis a été très controversé étant donné l'implication présumée du président Jacques Chirac dans de nombreuses affaires politico-financières et celle de Roland Dumas dans l'affaire Elf. Mis en cause par la justice, il a décidé de suspendre l'exercice de ses fonctions le 24 mars 1999, puis a démissionné du Conseil Constitutionnel le 1er mars 2000. Condamné par la justice à 6 mois de prison ferme en 2003, il fit appel et le tribunal le relaxa.
Bibliographie
J'ai vu vivre la Chine, éditions Fayard, 1960
Les Avocats, éditions Grasset, 1977
Le Droit de l'information, PUF, 1981
Plaidoyer pour Roger Gilbert-Locomte, Gallimard, 1985
La Propriété littéraire et artistique, PUF, 1987
Le Peuple assemblé, éditions Flammarion, 1989
Le Fil et la Pelote, Plon, 1996
L'Épreuve, les preuves, éditions Michel Lafon, 2003
Affaires étrangères, tome I (1981-1988), Fayard, 2007.
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